Roumanie: autre manif contre un projet canadien de mine d'or

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Environ 10 000 personnes, en majorité des jeunes et... (PHOTO BOGDAN CRISTEL, REUTERS)

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Environ 10 000 personnes, en majorité des jeunes et des familles, ont défilé durant plusieurs heures dans le centre de  Bucarest.

Isabelle WESSELINGH
Agence France-Presse
BUCAREST

Près de 20 000 Roumains ont défilé dimanche pour demander au gouvernement le retrait pur et simple d'un projet de loi ouvrant la voie à un gigantesque projet canadien de mine d'or dans un village de Transylvanie.

«Des forêts, pas du cyanure», «un avenir sans cyanure», clamaient des banderoles arborées par les manifestants à Bucarest en référence aux milliers de tonnes de cette substance nécessaires au projet.

La compagnie canadienne Gabriel Resources, à travers sa filiale Rosia Montana Gold Corporation, souhaite ouvrir la plus grande mine d'or à ciel ouvert d'Europe dans le village de Rosia Montana.

La mine menace des galeries minières romaines uniques, selon des archéologues.

Un projet de loi du gouvernement adopté fin août et facilitant entre autres les expropriations pour l'exploitation minière a suscité des manifestations importantes depuis 15 jours.

«Il est très dangereux de voir une loi créée spécialement pour les intérêts d'une compagnie privée», a estimé Sorin Jurca un habitant de Rosia Montana venu protester à Bucarest.

Environ 10 000 personnes, en majorité des jeunes et des familles, ont défilé durant plusieurs heures dans le centre de la capitale roumaine.

«Unis sauvons Rosia Montana», «la révolution commence à Rosia Montana» ont-ils scandé.

Nombre d'entre eux étaient venus à vélo.

À Cluj, grande ville de Transylvanie, les manifestants étaient de 6000 à 7000, selon la gendarmerie, 10 000, selon les organisateurs.

Environ 850 personnes ont manifesté à Brasov (centre), de 850 à 1000 à Iasi (nord-est), 300 à Oradea (nord-ouest), 300 à Timisoara (ouest), 200 à Craiova (sud) et plusieurs centaines à Sibiu (centre) selon des chiffres de la gendarmerie et de correspondants de l'AFP.

La mobilisation de la jeunesse roumaine depuis 15 jours est sans précédent depuis les années 1990, selon les analystes qui la comparent aux mouvements de contestation qui ont eu lieu ces derniers mois en Bulgarie, en Bosnie ou en Slovénie.

Les manifestants ont en effet également crié leur défiance à l'égard d'hommes politiques accusés de mépriser l'intérêt public.

«Nous n'avons pas confiance dans les déclarations des hommes politiques. Tant que ce projet n'est pas rejeté définitivement, nous resterons dans la rue», a déclaré à l'AFP à Bucarest Ionut Butu, un architecte de 28 ans.

Confronté à des manifestations de grande ampleur dimanche dernier avec plus de 15 000 personnes dans les rues, le premier ministre Victor Ponta avait indiqué lundi que le Parlement allait rejeter le projet de loi approuvé par son gouvernement.

Mais la date du vote n'est pas fixée et plusieurs ministres ont récemment défendu le texte, estimant qu'il permet à la Roumanie de bénéficier de retombées économiques importantes tout en évitant un litige commercial.

Gabriel Resources a indiqué qu'elle pourrait réclamer jusqu'à 4 milliards de dollars de dommages si le projet minier est bloqué.

Dimanche, M. Ponta s'est rendu sur le site du projet à Rosia Montana pour rencontrer des défenseurs de la mine.

Il a notamment convaincu 33 employés de la Rosia Montana Gold Corporation de quitter une ancienne galerie minière où ils avaient décidé de rester depuis jeudi pour demander aux hommes politiques de soutenir la mine d'or.

Ces employés craignent de perdre leur emploi si le projet est bloqué.

«Nous voulons travailler, pas mendier», ont scandé des centaines de personnes venues soutenir les 33 employés à l'entrée de la galerie minière. Ils ont applaudi M. Ponta qui a promis qu'une «commission parlementaire viendra parler» avec les habitants de la région dont une partie est en faveur de la mine.

Gabriel Resources promet 900 emplois durant les 16 ans que durera l'exploitation et des retombées économiques importantes pour une zone en difficulté.

La société affirme qu'elle respectera les normes européennes en matière d'environnement.

Les opposants mettent au contraire en garde contre de sérieux risques écologiques.

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