Appels d'offres en éolien: les grands consommateurs ne veulent pas payer

Éoliennes en Gaspésie.... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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Éoliennes en Gaspésie.

Photo André Pichette, archives La Presse

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(Québec) La décision du gouvernement péquiste de commander 800 mégawatts supplémentaires d'énergie éolienne a été bien accueillie par les entreprises du secteur, mais pas par celles qui paieront la note.

« Le gouvernement poursuit des objectifs de développement économique, on ne peut pas être contre ça, mais ce n'est pas normal que ce soient les usagers du service d'électricité qui paient pour ça «, a commenté hier le porte-parole des grands consommateurs industriels d'électricité, Luc Boulanger.

Les membres de l'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité achètent la moitié de toute l'électricité d'Hydro-Québec. Leur facture annuelle d'électricité totalise 4 milliards.

Cet achat de mégawatts supplémentaires qui risque de faire grimper les tarifs « ne passera pas comme un couteau dans le beurre «, a promis M. Boulanger, qui plaidera la cause de l'industrie devant la Régie de l'énergie.

Le gouvernement péquiste commandera assez de projets éoliens pour maintenir les emplois menacés, surtout en Gaspésie.

« On demandait des appels d'offres qui totalisaient 700 MW. Le gouvernement vient d'en annoncer 800 MW. Alors, c'est évidemment une très bonne nouvelle «, dit Jean-François Nolet, vice-président de l'Association canadienne de l'énergie éolienne.

La première ministre Pauline Marois et sa ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, ont annoncé hier en Gaspésie que Québec lançait quatre appels d'offres pour acheter de l'énergie éolienne. Le premier, de 150 MW, est destiné à des communautés autochtones de la Gaspésie. Un bloc de 300 MW est réservé à des projets en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent. Un autre de 200 MW ira à Hydro-Québec Production. Et enfin, 150 MW seront attribués ailleurs au Québec.

Ces commandes seront faites pour des projets pilotés par des coopératives ou « des communautés locales, en partenariat avec des développeurs privés «, annonce-t-on.

Selon Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal et spécialiste en énergie, le Québec n'a pas besoin de cette énergie. « Sur le plan énergétique, c'est une aberration et pour le développement régional, ce n'est pas sûr que c'est la bonne façon de faire «, a-t-il dit.

» On se prive des meilleurs tarifs «

Le producteur d'énergie Boralex, qui attendait avec impatience l'annonce du gouvernement, est déçu du partage des nouveaux mégawatts.

« Il ne reste que 150 mégawatts ouverts à tous dans tout le Québec, ce qui veut dire qu'on se prive des meilleurs sites et des meilleurs tarifs «, a déploré le président et chef de la direction de Boralex, Patrick Lemaire.

Selon lui, avec les avancées technologiques dans le secteur éolien, l'industrie aurait pu proposer un prix de 9 cents le kilowattheure en choisissant les meilleurs sites, soit moins que dans les appels d'offres précédents.

« Le gouvernement a répondu [hier] à beaucoup de demandes, mais pas à celle d'avoir les tarifs les plus compétitifs «, estime-t-il.

Une partie des 800 mégawatts annoncés hier, soit 150 mégawatts, a été accordée sans appel d'offres à l'Assemblée des communautés Mi'gmaq du Québec et à son partenaire Innergex.

Québec n'a pas chiffré le coût de l'annonce. Hydro-Québec dépensera cette année 5,3 milliards pour acheter de la production privée, et cette dépense explique à elle seule la récente hausse de tarifs de 2,4 %.

Hydro prévoit être en surplus énergétique jusqu'en 2020. Cette énergie est revendue à perte à cause de la chute des prix sur le marché. C'est ce qui explique que la ministre Ouellet a mis fin au programme des mini-centrales hydroélectriques en décembre dernier. Quand on compare le prix d'achat au prix de vente, les pertes en éolien dépassent celles des mini-centrales. Mais le gouvernement croit que ces pertes se justifient, car on maintient ainsi en vie l'industrie manufacturière de l'éolien, une énergie renouvelable.

Selon M. Nolet, de l'Association canadienne de l'énergie éolienne, cette grappe industrielle génère 5000 emplois et ajoute en moyenne 473 millions par année aux coffres de l'État, d'après une étude commandée à SECOR-KPMG.

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ACHATS DE PRODUCTION PRIVÉE PAR HYDRO-QUÉBEC

[En service | En construction | Projeté | Total]

Éolien : 1505,1 MW | 1 153,3 MW | 480,4 MW | 3139,1 MW

Annonce d'hier : 800 MW

Prix d'achat : entre 9 et 12 cents le kWh

Hydro : 648,2 MW | 16 MW | 83,2 MW | 747,4 MW

Prix d'achat : 8 cents le kWh

Cogénération : 621,3 MW | 113,2 MW | 0 | 754,5 MW

Prix d'achat : entre 9 et 13 cents le kWh

Coût de ces achats en 2013: 5,3 milliards

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