La montréalaise SCL Elements passe à une multinationale

Simon Leblond, fondateur et président de SCL Éléments.... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Photo Martin Chamberland, La Presse

Simon Leblond, fondateur et président de SCL Éléments.

De jeunes Montréalais qui s'étaient lancés en affaires dans l'idée de révolutionner l'efficacité énergétique des bâtiments viennent d'être propulsés dans les ligues majeures. Leur entreprise, SCL Elements, a éveillé l'attention de la multinationale française Schneider Electric, un géant au chiffre d'affaires de 31 milliards de dollars qui vient d'en faire l'acquisition.

«Tout le monde ici est très excité, dit Simon Leblond, président de SCL Elements. C'était une super occasion pour nous. La complémentarité entre les deux entreprises est parfaite et l'engagement de Schneider envers Montréal et le Canada nous ont séduits.»

Schneider, qui compte déjà 450 employés au Québec, a promis de conserver les 35 employés de SCL Elements (aussi connue sous le nom de Can2Go, la technologie qu'elle a commercialisée). Ils continueront de travailler dans leurs locaux de la rue Saint-Denis, tout près du métro Rosemont, dans une relative autonomie.

«Ça me semblait très important de ne pas casser la dynamique que ces gars ont réussi à créer», a expliqué à La Presse Affaires Frédérick Morency, vice-président de l'unité «systèmes pour les petits bâtiments» de Schneider Electric. «On veut préserver la culture startup et l'innovation qui vient avec.»

De son côté, Simon Leblond se réjouit de pouvoir compter sur le réseau de vente international, la liste de clients et l'expertise technologique de Schneider Electric.

«On a tendance à penser que les entreprises en démarrage et les multinationales, c'est David contre Goliath. Dans ce cas-ci, je crois plutôt qu'on va voir David, mais avec la puissance de feu de Goliath», dit Simon Leblond.

Le montant de la transaction n'a pas été dévoilé.

Fondée en 2009, SCL Elements a inventé une boîte appelée Can2Go qui permet de contrôler à distance l'éclairage, le chauffage et la climatisation d'un bâtiment. Plusieurs produits semblables existent sur le marché, mais Can2Go mise sur la polyvalence, la simplicité et le coût d'utilisation. Une seule de ces boîtes permet de commander une batterie de thermostats ou d'interrupteurs différents, peu importe qu'ils soient branchés ou sans fil.

Scheider Electric s'occupe aussi de gestion d'énergie, mais visait historiquement les très grands bâtiments.

«Or, 98% des bâtiments ont moins de 10 000 mètres carrés, dit Frédérick Morency. Pour l'instant, peu de contrôle et de gestion sont faits sur ces bâtiments, et c'est ce qui nous a motivés à aller chercher des compléments dans notre gamme de produits. Can2Go a émergé comme une technologie très innovante et une solution flexible qui nous donnait accès au marché.»

Schneider avait réalisé une autre acquisition au Québec en 2011, celle de Viconics, et croit pouvoir créer des synergies entre cette dernière et son nouveau poulain.

Simon Leblond affirme qu'il n'a pas été difficile de vendre l'entreprise qu'il avait fondée. «On n'est jamais complètement indépendant de toute façon. On a des clients, on a le marché... Pour nous, ça ne change pas grand-chose. On va continuer de travailler dans la même direction et d'être un moteur de changement dans l'industrie.»

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LES DEUX ENTREPRISES

SCL Elements

> 35 employés

> Fondée en 2009 par Simon Leblond et Simon Caron

> Siège social: Montréal

Schneider Electric

> Fondée en 1836

> 130 000 employés, dont 2200 au Canada et 450 au Québec

> Chiffre d'affaires de 22,4 milliards d'euros (environ 31 milliards canadiens) en 2011

> Siège social: Rueil-Malmaison, France

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