Une année dans le rouge pour Rio Tinto

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La mine de fer Pilbara de Rio Tinto... (Photo fournie par Rio Tinto)

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La mine de fer Pilbara de Rio Tinto dans l'Ouest de l'Australie.

Agence France-Presse
Sydney

Le géant minier anglo-australien Rio Tinto (RIO), dont le PDG a démissionné en janvier, a annoncé jeudi une perte nette en 2012, pour la première fois depuis sa double cotation à Londres et Sydney, en raison de dépréciations massives et d'une baisse du cours du minerai de fer.

Rio Tinto a essuyé une perte nette de 2,99 milliards de dollars US en 2012, contre un bénéfice net de 5,8 milliards US en 2011.

Le bénéfice sous-jacent (hors exceptionnel) s'est élevé à 9,3 milliards US, en repli de 40% sur un an, mais légèrement supérieur aux 9,08 milliards USD prévus par les analystes.

Mi-janvier, le groupe avait annoncé avoir passé 14 milliards US de dépréciations sur ses comptes 2012 suite à des déboires au Mozambique et dans sa division aluminium.

Il avait aussi fait part de la démission du directeur général, Tom Albanese, remplacé par le chef de la branche minerai de fer, Sam Walsh, le groupe soulignant que devoir passer une telle dépréciation était «inacceptable».

Jeudi, le groupe a aussi expliqué ses pertes --les premières depuis sa double cotation sur les Bourses de Londres et de Sydney en 1995-- par une chute de 24% des cours du minerai de fer, dont il est le deuxième producteur mondial après le brésilien Vale SA.

Les cours du cuivre ont reculé de 10% et ceux de l'aluminium de 16% en 2012.

Sam Walsh, qui prendra officiellement ses fonctions en juillet, a tenté de rassurer les actionnaires, déclarant que «sous (sa) conduite, Rio Tinto se concentrera sans faiblir sur la valeur pour les actionnaires».

«Ma priorité est de construire une organisation plus concentrée, plus disciplinée et capable de rendre des comptes», a-t-il dit.

Le nouveau patron a indiqué que «le mouvement positif observé au quatrième trimestre de l'année passée se poursuit en 2013, avec une croissance chinoise qui repasse au-dessus des 8%». La Chine est un des gros clients de Rio Tinto.

«Mais les incertitudes du marché et la volatilité des prix risquent fort de se poursuivre tant que les problèmes structuraux en Europe et aux États-Unis ne seront pas résolus», a-t-il ajouté.

Le groupe a répété son objectif de réduction de ses coûts d'exploitation de 5 milliards de dollars pour 2013 et 2014, et de 13 milliards US pour ses investissements 2013.

Comme d'autres géants miniers, Rio Tinto a été contraint de déprécier ses actifs de milliards de dollars, après s'être lancé dans une campagne d'acquisitions surpayées en pleine bulle des matières premières.

Rio Tinto a inscrit une charge de 3 milliards pour dépréciation liée à sa filiale Rio Tinto Coal Mozambique (RTCM). Le charbon extrait de la mine devait être transporté par barge sur le fleuve Zambèze mais le gouvernement n'a pas donné son accord. Les estimations sur la quantité de charbon à coke contenu sur ce site ont en outre été revues en baisse.

L'entreprise a également inscrit une charge comprise entre 10 et 11 milliards US liée à ses actifs dans l'aluminium, principalement Rio Tinto Alcan et Pacific Aluminium, avait-elle indiqué en janvier.

L'anglo-australien avait racheté le canadien Alcan en 2007 pour 38 milliards US en 2007, au pic du marché. Le marché de l'aluminium est depuis confronté à des vents contraires et Rio a dû mettre en vente des pans entiers de sa production pour maintenir sa division à flots.

Il avait déjà passé en 2011 une charge pour dépréciation d'actifs dans l'aluminium pour 8,9 milliards US.

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