Pétrolia songe à poursuivre la Ville de Gaspé

André Proulx, président de Pétrolia.... (Photo d'archives Le Soleil)

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André Proulx, président de Pétrolia.

Marie-Michèle Sioui
La Presse

Le président de Pétrolia, André Proulx, envisage de poursuivre la Ville de Gaspé pour pouvoir reprendre l'exploration de son puits Haldimand n°4, suspendue depuis l'adoption d'un règlement municipal interdisant les travaux.

En marge du Forum stratégique sur les ressources naturelles organisé au Palais des congrès de Montréal hier, Pétrolia a cependant précisé considérer la judiciarisation du conflit comme un «dernier recours» et a assuré que son annonce n'avait rien d'un ultimatum.

La société d'exploration minière s'est vue contrainte de suspendre l'exploration du puits à la mi-janvier, après que Gaspé eut adopté un règlement sur la protection des sources d'eau potable.

Forum sur les redevances minières

La même journée, le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau, a annoncé qu'un forum sur les redevances minières aura lieu le 15 mars prochain et qu'un nouveau régime minier sera annoncé «peu de temps» après cette consultation. «Nous nous sommes engagés à augmenter l'impôt minier. Le forum [...] nous permettra de convenir de la meilleure façon d'y arriver», a-t-il indiqué. En réponse, le directeur des communications d'ArcelorMittal, Éric Tétrault, a dit estimer que le niveau actuel des redevances est équilibré. «Mais il y a de l'espace pour le dialogue», a-t-il nuancé. «Nous voulons poursuivre nos investissements au Québec et nous avons besoin de l'environnement fiscal adéquat pour le faire. Je crois que ce que le gouvernement dit surtout, c'est que nous devons tous payer des redevances», a-t-il ajouté, en référence à une déclaration du ministre rappelant que la moitié des sociétés exploitantes n'ont pas payé d'impôts en 2011.

Manifestation contre le cadre minier actuel

Quelques rues plus haut, passés les barrages policiers installés pour prévenir les débordements d'une manifestation qui ceinturait le Palais des congrès, la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine tenait elle aussi son forum. Tour à tour, universitaires, écologistes, autochtones et citoyens ont pris la parole à propos du cadre minier actuel.

«C'est difficile de donner un consentement éclairé [à l'exploitation d'une mine] quand un adulte sur deux est au chômage et qu'une minière est en mode séduction», a lancé l'avocate Nicole Kirouac à propos du projet d'exploitation de mine d'or à ciel ouvert de la compagnie Osisko à Malartic, en Abitibi. «En plus, on n'a jamais entendu parler de nuages de dioxyde d'azote pendant les consultations du BAPE [Bureau d'audiences publiques sur l'environnement].»

Quelques heures plus tard, le chef de la direction financière d'Osisko, Bryan A. Coates, soulignait au Palais des congrès les 800 nouveaux emplois créés par la société, qui a dû déplacer 20% de la ville pour y creuser une mine. «Il n'y a pas eu d'impacts négatifs [à Malartic] à cause de la venue d'Osisko», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le quotidien Le Soleil a rapporté la même journée que la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, est prête à étudier de nouvelles options pour les ententes à propos des infrastructures permettant l'accès aux ressources. Au lendemain de révélations du Devoir voulant que le CN et la Caisse de dépôt et placement du Québec mettent sur la glace la construction d'un lien ferroviaire reliant Sept-Îles à Schefferville, Mme Ouellet a évoqué la possibilité de faire payer le méga-investissement par les compagnies minières.

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