Monts Otish: un projet d'uranium mis de côté

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Il règne une grande incertitude autour de l'avenir de la filière québécoise de l'uranium.

L'exploration d'uranium au Québec est en suspens. Pendant que le promoteur du principal projet attend l'autorisation de Québec pour poursuivre les travaux, le deuxième projet le plus avancé est au point mort. La société qui effectuait les travaux sur ce dernier projet l'a radié de son bilan, incapable d'obtenir le financement nécessaire.

Ressources Abitex, société de Val-d'Or dont l'action (V.ABE) vivote à un demi-cent à la Bourse de croissance TSX, abandonne les travaux sur la propriété Lavoie après y avoir dépensé près de 10 millions de dollars. Située dans les monts Otish, au nord-est de Chibougamau, la propriété est dans la même région que Matoush, plus important projet d'uranium au Québec.

Abitex n'était pas propriétaire de Lavoie, mais avait conclu une entente d'option avec les deux propriétaires, SOQUEM, filiale d'Investissement Québec, et Areva Resources Canada, filiale du géant français du nucléaire. L'entente, signée en 2008, prévoyait qu'Abitex obtienne une participation de 50% en effectuant pour 20 millions de travaux sur la propriété et en produisant une étude de préfaisabilité, le tout avant le 31 décembre 2011. L'entente a par la suite été prolongée jusqu'en 2014, à condition qu'Abitex dépense 4 millions en 2012, ce qu'elle a été incapable de faire.

Abitex avait réussi à faire des progrès malgré la crise financière de 2008 et l'accident nucléaire de Fukushima, note le président, Yves Rougerie. La société a publié une première étude économique au début de 2012, qui faisait état d'une ressource exploitable de 9,3 millions de livres d'uranium. «Mais la crise européenne a été le clou dans le cercueil», relate M. Rougerie. Fuyant le risque, les investisseurs ont délaissé le secteur de l'exploration minérale. «On avançait bien et on a failli obtenir le financement nécessaire, et finalement tout a disparu du jour au lendemain», ajoute M. Rougerie.

«Un contexte défavorable»

Abitex soutient avoir tenté d'obtenir une révision de l'entente avec les propriétaires du projet, en vain. Joint par La Presse Affaires, le directeur général de SOQUEM, Pierre Bertrand, a indiqué qu'Abitex n'avait pas rempli toutes les conditions de l'entente. La SOQUEM et Areva évalueront la situation pour la suite des choses, ajoute-t-il.

Sauf qu'il règne une grande incertitude autour de l'avenir de la filière québécoise de l'uranium. Le gouvernement du Québec n'a toujours pas annoncé officiellement ses intentions, mais des ministres ont lancé l'idée d'une évaluation environnementale stratégique sur l'ensemble de la filière. «C'est évident que ça fait partie de la dynamique qu'il faut évaluer avec le partenaire» note Pierre Bertrand.

De son côté, Abitex conserve sa propriété d'uranium Epsilon, non loin de Lavoie. Mais elle n'y travaillera pas à court terme en raison «du contexte très défavorable pour l'uranium». Comme le projet Matoush, de Ressources Strateco, Epsilon est situé sur le territoire traditionnel des Cris, qui s'opposent à l'exploration d'uranium. Lavoie était en territoire innu.

Abitex entend se tourner plutôt vers le secteur aurifère, «plus performant» pour l'instant. La société a proposé une consolidation de ses actions et un changement de nom pour Ressources Abe.

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