Les cinq défis d'Hydro-Québec

La centrale Gentilly-2, photographiée en 2008.... (Photo: archives Le Nouvelliste)

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La centrale Gentilly-2, photographiée en 2008.

Hélène Baril

Au moment où le gouvernement du Québec compte plus que jamais sur Hydro-Québec pour faire face à ses obligations financières, la société d'État est de moins en moins en mesure de livrer les profits espérés. Voici pourquoi.

1) Le prix du gaz naturel

De tous les maux qui affectent Hydro-Québec, le très bas prix du gaz naturel est le plus préoccupant. Ce changement dû aux nouvelles techniques d'extraction du gaz contenu dans les shales présents en quantité sur le continent nord-américain a fait voler en éclats sa stratégie de développement axée sur l'exportation aux États-Unis. Les ventes d'électricité hors Québec sont de moins en moins rentables, un problème aggravé par la force du dollar canadien.

Revenu moyen à l'exportation:

> 2008: 9,01 cents le kilowattheure

> 2012: 4 cents le kilowattheure

2) Les changements climatiques

Hydro-Québec a beaucoup de raisons de s'inquiéter de l'impact à long terme des changements climatiques. Déjà, des hivers plus doux font diminuer sa rentabilité au Québec. Encore l'hiver dernier, la température hivernale a été de 2,2 C supérieure à la moyenne, ce qui a coûté 150 millions de dollars à Hydro. Autre sujet d'inquiétude, le niveau d'eau dans les réservoirs est en baisse constante depuis 2008.

Stocks d'énergie:

> 2008: 116,6 térawattheures

> 2013: 99,5 térawattheures

> Variation: -17,1%

3) Le déclin du secteur manufacturier

La crise dans le secteur des pâtes et papiers a eu un impact important sur la consommation totale d'électricité au Québec. La réduction importante des besoins de cette industrie, la plus forte consommatrice d'électricité après les alumineries, n'est pas terminée, selon Hydro, qui prévoit une autre baisse de la consommation dans ce secteur en 2013 et une croissance anémique dans le reste de la grande industrie.

Consommation du secteur pâtes et papiers:

> 2012: 14 052 gigawattheures

> 2013: 12 028 gigawattheures

> Variation: -14,4%

4) Des surplus faramineux

En 2009, Hydro-Québec s'est remise à investir dans l'augmentation de sa capacité de production pour exporter massivement aux États-Unis. L'objectif était d'avoir une marge de manoeuvre annuelle de 15 térawattheures disponibles pour l'exportation en 2021. En raison de la surestimation de la demande et des achats de production de production privée, de source éolienne surtout, imposés par le gouvernement, ces surplus seront trois fois plus élevés que prévu. Cette énergie vendue à perte coûte 500 millions par année aux Québécois, estime l'analyste en énergie Jean-François Blain.

Surplus:

> 2009: 15,9 térawattheures

> 2021: 34,5 térawattheures

> Variation: +116%

5) Les suites de la fermeture de Gentilly-2

La fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 a creusé un trou de 1,8 milliard dans les profits d'Hydro-Québec pour l'exercice qui a pris fin le 31 décembre.

Mais ce n'est pas la fin de l'aventure pour Hydro-Québec, qui doit encore assumer le coût de la sécurité de la centrale, de la disposition du combustible irradié et, ultimement, du démantèlement de la centrale.

Des provisions ont été prises par la société d'État pour faire face à cette obligation, mais les sommes mises de côté sont modestes par rapport aux coûts prévisibles.

Même fermée, la centrale nucléaire continuera donc de peser encore longtemps sur la rentabilité d'Hydro.

Démantèlement de la centrale nucléaire Gentilly-2:

> Coût estimé: 1,8 milliard

> Provisions: 540 millions

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