La construction de l'oléoduc Keystone XL suspendue

L'oléoduc Keystone XL devrait traverser la frontière canado-américaine... (Photo: Reuters)

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L'oléoduc Keystone XL devrait traverser la frontière canado-américaine pour transporter le pétrole brut des sables bitumineux albertains en direction des raffineries situées sur la côte texane du golfe du Mexique.

Ramit Plushnick-Masti
La Presse Canadienne
HOUSTON

Un juge du Texas a ordonné à l'entreprise TransCanada de suspendre temporairement les travaux sur une propriété privée où elle construit une partie de l'oléoduc qui doit transporter du bitume dilué provenant de l'Alberta vers les raffineries de la côte du golfe du Mexique.

Le propriétaire Michael Bishop, qui se défend lui-même dans sa bataille juridique contre le géant canadien du pétrole, affirme que TransCanada a menti aux Texans en affirmant que l'oléoduc Keystone XL servirait à transporter du pétrole brut.

Le bitume dilué ne correspond pas à la définition établie par les règlements texans et fédéraux, qui définissent le pétrole brut comme des «hydrocarbures liquides extraits de la terre à des températures atmosphériques», fait valoir M. Bishop dans le plus récent imbroglio juridique à frapper le projet Keystone XL aux États-Unis.

Quand le bitume est extrait, la matière est presque solide et «doit être chauffée et diluée avant même de pouvoir être transportée», a expliqué M. Bishop à l'Associated Press.

«Ils ont menti au peuple américain», estime-t-il.

Le juge Jack Sinz a signé une ordonnance restrictive temporaire et une injonction vendredi, estimant qu'il y a avait des motifs suffisants de suspendre les travaux jusqu'à l'audience du 19 décembre. L'injonction est entrée en vigueur mardi.

Un porte-parole de TransCanada, David Dodson, a déclaré que les tribunaux avaient déjà établi que les produits issus des sables bitumineux sont une forme de pétrole brut. Selon lui, l'injonction ne retardera pas le projet.

Les environnementalistes craignent que dans le cas d'une fuite ou d'un déversement, le bitume lourd contamine l'eau et la terre. Ils affirment que le bitume est plus difficile à nettoyer que le pétrole brut ordinaire et que les lois américaines ne sont pas adaptées au transport des produits du bitume.

Ils estiment également que le raffinage du bitume polluera davantage l'air de la côte du golfe du Mexique, une région qui raffine presque tout le pétrole consommé aux États-Unis et qui éprouve des problèmes de pollution atmosphérique depuis longtemps.

TransCanada s'est butée à de nombreux obstacles dans son projet d'expansion de l'oléoduc Keystone XL. Pour que l'oléoduc traverse la frontière entre le Canada et les États-Unis, l'entreprise a besoin d'un permis présidentiel, qui a été rejeté par le président Barack Obama plus tôt cette année. M. Obama a suggéré à l'entreprise d'élaborer un nouveau tracé pour éviter une région écologiquement sensible du Nebraska. L'entreprise a déjà prévu de modifier le tracé dans ce secteur.

Le président Obama a cependant permis à TransCanada de poursuivre la construction d'une partie de l'oléoduc entre l'Oklahoma et le Texas. L'entreprise a reçu les permis nécessaires pour cette portion de l'oléoduc et a commencé la construction.

Mais plusieurs propriétaires du Texas se sont tournés vers les tribunaux pour contester le projet, dans un État où les grandes fortunes ont longtemps été liées au pétrole.

Michael Bishop, un chimiste à la retraite âgé de 64 ans, explique qu'il a d'abord voulu contester l'expropriation de ses terres, mais qu'il a accepté un règlement parce qu'il n'avait pas les moyens de payer des frais d'avocats de 10 000 $ US.

Il a alors décidé de s'acheter un livre sur le droit et de se défendre lui-même. Il est bien conscient que le géant pétrolier aura une armée d'avocats et d'experts pour se défendre, mais il est déterminé à se battre.

«Amenez-les. Je suis un ancien Marine. Je n'ai peur de personne. Je n'ai pas peur d'eux», a-t-il dit. «Quand j'en aurai fini avec eux, ils sauront qu'ils ont participé à un combat. Je ne gagnerai peut-être pas, mais je vais leur faire mal.»

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