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Ottawa approuve deux supertransactions

La Presse
Le ministre de l'Industrie, Christian Paradis, a en effet approuvé l'offre d'achat de Nexen (T.NXY), société d'hydrocarbures de Calgary, par la société d'État chinoise China National Offshore Oil Corporation (CNOOC), une transaction de 15 milliards de dollars. Il a aussi donné sa bénédiction à la vente de l'entreprise Progress Energy au géant énergétique malaisien Petronas pour la somme de 6 milliards de dollars.
Ces deux importantes transactions concernant des sociétés d'État ont été approuvées parce qu'elles représentent «vraisemblablement» un avantage net pour le Canada, selon les critères existants par la Loi sur Investissement Canada.
Fin d'une tendance
Mais ces mégatransactions dans l'industrie des sables bitumineux seront rarement autorisées à l'avenir, en raison des nouvelles règles sur les investissements étrangers annoncées par le gouvernement Harper, qui voit poindre à l'horizon une tendance inquiétante, soit la mainmise de sociétés d'État étrangères sur des entreprises canadiennes.
En 2008, les investissements des sociétés d'État étrangères dans les secteurs des ressources représentaient un pourcentage négligeable. Mais en 2011, ces investissements frisaient les 20%. Dorénavant, le ministère de l'Industrie verra toute autre acquisition d'une entreprise canadienne de sables bitumineux par une société d'État étrangère comme représentant un avantage net «à titre exceptionnel seulement».
«Les Canadiens en général et les investisseurs spécifiquement devraient comprendre que ces décisions ne sont pas le début d'une tendance, mais bien la fin d'une tendance», a affirmé vendredi soir le premier ministre Stephen Harper en conférence presse.
«Pour être bien franc, les Canadiens n'ont pas passé des années à réduire le rôle de leurs gouvernements dans des secteurs de l'économie seulement pour les voir être achetés et contrôlés à la place par des gouvernements étrangers», a ajouté M. Harper.
Ces décisions étaient attendues avec impatience par les gens d'affaires, les partis de l'opposition et les autorités chinoises.
M. Harper, qui a soutenu que le pays demeure toujours ouvert aux investissements étrangers, a indiqué que le seuil d'examen prévu par la loi pour les investisseurs du secteur privé passera graduellement de 330 millions de dollars en valeur d'actifs aujourd'hui à 1 milliard de dollars d'ici quatre ans.
Mais le seuil restera le même dans le cas des investissements des sociétés d'État étrangères dans les autres secteurs de l'économie. Et le gouvernement fédéral compte resserrer les critères d'examen de ces transactions dans le cas des sociétés d'État étrangères. Entre autres choses, elles devront démontrer le caractère commercial de l'investissement, l'absence d'ingérence politique, le respect du droit canadien et l'adoption de normes et de pratiques favorisant une saine gouvernance d'entreprise et la transparence.
«Quand on dit que le Canada est ouvert aux affaires, nous ne voulons pas dire que le Canada est à vendre aux gouvernements étrangers», a dit M. Harper.
Réactions de l'opposition
Le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui s'opposait à la vente de Nexen, a accusé le gouvernement conservateur d'agir de manière irresponsable en y donnant le feu vert. «C'est une mauvaise blague. D'un côté, les conservateurs avouent que, avec les nouvelles règles, cette transaction ne représente pas un avantage net pour les Canadiens, mais de l'autre, ils décident de l'approuver», a affirmé le critique du NPD en matière de ressources naturelles, Peter Julian.
«Les Canadiens ont de quoi s'inquiéter des conséquences économiques et environnementales à long terme de cette décision. En effet, par le passé, ce genre de transaction s'est souvent traduit par des pertes d'emploi au pays», a-t-il ajouté.
Le Conseil canadien des chefs d'entreprise a pour sa part salué cette décision et approuve les nouvelles règles annoncées vendredi.
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