Zinc: de la poudre brune au lingot argenté

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Des milliers de lingots argentés s'empilent dans une section d'une usine de... (Photo François Roy, La Presse)

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(Salaberry-De-Valleyfield) Des milliers de lingots argentés s'empilent dans une section d'une usine de Salaberry-de-Valleyfield: certains de 56 livres et d'autres beaucoup plus imposants, pesant une tonne. Le zinc métallique, qui n'était qu'une poudre brunâtre à son entrée dans l'affinerie, est maintenant prêt à être chargé dans les trains et camions pour rejoindre les clients au Québec, en Ontario, et surtout aux États-Unis (70%).

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Le grand complexe industriel de 600 000 mètres carrés de CEZinc, au bord du canal de Beauharnois, peut produire jusqu'à 265 000 tonnes de zinc par année, soit environ 2,3% de la production mondiale. C'est la deuxième plus grande usine du genre au Canada, le plus important employeur industriel de Salaberry-de-Valleyfield, avec ses 600 travailleurs, et une preuve que la première transformation métallique est possible au Québec.

L'usine a été construite il y a 50 ans par Noranda et quatre autres producteurs de zinc. Ce lieu offrait un accès facile au rail et à la voie maritime, une main-d'oeuvre industrielle qualifiée, et une énergie à bas prix - environ 30% des coûts de l'usine sont liés à l'énergie, l'électrolyse étant une partie essentielle du procédé de transformation.

CEZinc est encore bien placée, même si le gros de la croissance de la demande viendra désormais de l'Asie. «Nos clients sont concentrés dans le Nord-Est américain, explique la présidente et chef de la direction de CEZinc, Eva Carissimi. Nous sommes un peu à l'abri des hauts et des bas de l'économie chinoise, même si les Américains achètent moins qu'avant. Nous offrons des livraisons juste-à-temps, un gros avantage pour les plus petites entreprises qui fabriquent des pièces spécialisées.»

Le concentré de zinc arrive à Salaberry-de-Valleyfield depuis plusieurs mines, principalement Matagami et Brunswick, près de Bathurst. En 2013, l'affinerie aura une nouvelle source principale: la mine Mount Isa, en Australie, qui fournira 36% du concentré de l'usine, contre 35% pour le concentré québécois - la mine Brunswick sera épuisée.

À son entrée dans l'usine, le concentré est soufflé dans un four de grillage, à une température de 900o Celcius, où le soufre se sépare du reste du composé. Le soufre est ensuite transformé en acide sulfurique, un sous-produit que CEZinc produit en quantité presque deux fois plus importante que le zinc et qui génère un revenu secondaire de 30 millions, sur des revenus totaux de 663 millions.

Dans une salle de contrôle, Réal Léger garde un oeil attentif sur une série d'écrans à partir desquels il peut contrôler toute la séquence de grillage, la production d'acide sulfurique, et s'assurer que les émissions de dioxyde de soufre dans l'atmosphère respectent les normes. Employé d'expérience, M. Léger a vu se complexifier l'usine au gré des avancées technologiques: «J'ai maintenant quelques milliers de moteurs et machines à surveiller, contre seulement 200 ou 300 auparavant.»

CEZinc, géré par Xstrata au nom du Fonds de revenu Noranda, dont Xstrata détient 25% des parts, doit suivre le rythme technologique pour garder des coûts compétitifs. «Les pressions de l'industrie nous forcent à être très dynamiques, plus que le public le pense», affirme Eva Carissimi.

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