Cliffs suspend son expansion à Fermont

Les derniers résultats trimestriels de Cliffs Natural Resources... (Photo François Roy, Archives La Presse)

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Les derniers résultats trimestriels de Cliffs Natural Resources montrent que la société perd de l'argent avec ses deux mines de fer au Canada, en raison de prix à la baisse et des coûts trop élevés.

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Dans la foulée du ralentissement de la demande pour le fer et de la baisse des prix, Cliffs Natural Resources (CLF) suspend une importante phase d'expansion à sa mine de fer de Lac Bloom, près de Fermont. La société américaine met à pied plus de 400 employés de fournisseurs pour environ un an.

Cliffs arrête la construction, pourtant déjà avancée, d'une deuxième usine de traitement du minerai de fer sur le terrain de la mine. L'entreprise de Cleveland a annoncé la nouvelle par communiqué hier matin, en prévision de volumes de ventes à la baisse en 2013. Elle ralentira aussi la production dans ses deux mines de fer des États-Unis.

La phase d'expansion suspendue de Lac Bloom devait faire passer la capacité de production de la mine de 7,2 à 14,5 millions de tonnes par année. C'est donc dire que les deux exploitations canadiennes de Cliffs (Lac Bloom et Wabush, au Labrador) fourniront entre 9 et 10 millions de tonnes de fer en 2013, au lieu des 13 à 14 millions de tonnes prévues auparavant. Aucune mise à pied n'est prévue à l'interne.

«L'objectif est de se donner une année pour voir la conjoncture du marché et évaluer à quel moment il sera plus opportun de redémarrer les travaux», précise une porte-parole de Cliffs au Québec, Annie Desrosiers. Cela permettra aussi à Cliffs «d'avoir des liquidités, de conserver son bilan positif et d'être dans une position optimale au moment de reprendre les travaux».

Pertes et lourde dette

Les derniers résultats trimestriels de Cliffs montrent que, dans la conjoncture actuelle, la société perd de l'argent avec ses deux mines canadiennes, en raison d'une baisse des prix de plus de 40% en moins de deux ans et de coûts trop élevés.

Cliffs devait investir environ 600 millions US à la mine de Lac Bloom en 2013 pour poursuivre l'expansion et réduire les coûts. La porte-parole Annie Desrosiers n'a pas précisé la somme que Cliffs épargnera en suspendant la construction de la deuxième usine.

Le président et chef de la direction de Cliffs a néanmoins réaffirmé son engagement envers les investissements prévus à Lac Bloom, actif récemment présenté comme la priorité de la direction de l'entreprise.

C'est la société québécoise Consolidated Thompson qui avait mis le gisement de Lac Bloom en production en 2010. Cliffs a racheté Consolidated Thompson pour près de 5 milliards en 2011. La firme Crédit Suisse a récemment indiqué que l'acquisition de Consolidated Thompson par Cliffs paraît extrêmement chère en rétrospective. Cliffs se retrouve avec une forte dette (3,9 milliards US) alors que le haut du cycle semble chose du passé.

Le titre de Cliffs a reculé de 4 cents à35,29$US, hier à la Bourse de New York.

Matière à réflexion pour le Nord

Au moment où le gouvernement provincial révise le Plan Nord mis en place par le précédent gouvernement, la décision de Cliffs fait réfléchir. «C'est un exemple qui montre combien il est périlleux de mener le développement du Nord en se basant strictement sur l'industrie minière», soutient Suzann Méthot, directrice régionale (Québec) de l'Initiative boréale canadienne. Cette industrie est fortement soumise à la volatilité du prix des métaux, avec des conséquences comme celle qui frappe Lac Bloom.

Mme Méthot espère que le nouveau Secrétariat au développement nordique, mis en place la semaine dernière par la première ministre Pauline Marois, «saura évaluer toutes les avenues de développement du Nord, et non pas seulement l'industrie minière».

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