Mines de fer: Cliffs perd de l'argent au Canada

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Photo François Roy, archives La Presse

En additionnant les coûts d'exploitation et les coûts d'amortissement, il en a coûté 123,62$US à Cliffs pour produire du fer au Canada entre juillet et septembre, pour une perte de 17,05$US la tonne.

En raison d'une baisse des prix du fer et d'une hausse des coûts, la société Cliffs Natural Resources (CLF) perd de l'argent avec ses deux mines de fer canadiennes, situées de part et d'autre de la frontière Québec-Labrador. Mais la mine du lac Bloom, près de Fermont, reste la priorité globale de l'entreprise américaine.

En additionnant les coûts d'exploitation et les coûts d'amortissement, il en a coûté 123,62$US à Cliffs pour produire du fer au Canada entre juillet et septembre, pour une perte de 17,05$US la tonne.

Démarrée en 2010 par la société québécoise Consolidated Thompson, la mine du lac Bloom est encore en période de rodage, mais à 88$US la tonne, ses coûts d'exploitation restent encore élevés. Cliffs, qui a racheté Consolidated Thompson pour 4,9 milliards en mai 2011, fait état d'une hausse de coûts de 18% par rapport à l'an dernier à Lac Bloom, hausse liée au carburant, à la main-d'oeuvre et à l'approvisionnement.

La société de Cleveland entend réduire les coûts d'exploitation de Lac Bloom à 60-65$US en décembre, à la fin de la première phase de la construction de la mine. Des analystes doutent du réalisme de cette cible, mais ils croient à une amélioration notable.

«Il reste probablement une certaine inquiétude des investisseurs concernant les progrès dans les activités canadiennes», convient toutefois Tony Robson, analyste chez BMO Marchés des capitaux.

En plus des coûts qui demeurent élevés pour l'instant, Cliffs a déjà annoncé que la capacité de production dans la première phase de Lac Bloom se limiterait à 7,2 millions de tonnes par année, au lieu de 8 millions de tonnes. Selon Crédit Suisse, l'acquisition de Consolidated Thompson paraît extrêmement chère en rétrospective. Cliffs se retrouve avec une forte dette (3,9 milliards US) alors que le haut du cycle semble chose du passé.

L'agence de notation de crédit Moody's a récemment révisé à la baisse ses perspectives sur Cliffs, qu'elle entrevoit maintenant négatives. Elle s'attend à ce que les activités canadiennes de Cliffs continuent à générer des pertes pour l'instant. L'expansion à Lac Bloom est selon l'agence «un facteur stratégique clé dans les dépenses d'investissement».

La mine du lac Bloom reste de fait la priorité des dirigeants de Cliffs pour redresser la situation. L'entreprise compte y investir encore près de 800 millions d'ici 2014, pour faire passer la production à 14,5 millions de tonnes de concentré par année.

Le titre de Cliffs Natural Resources (CLF à New York, 35,90$US) a perdu 17% de sa valeur depuis la publication des derniers résultats trimestriels, le 24 octobre. Les analystes sondés par Bloomberg sont divisés sur le titre. Seulement 9 sur 24 en recommandent l'achat, et 13 suggèrent de le conserver.

Cliffs détient 75% de la mine du lac Bloom. L'aciériste chinois WISCO détient l'autre portion.

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