Exit le «Plan Nord», mais quel nouveau plan pour le Nord?

Un Inukshuk près de Kuujjuaq.... (Photo archives PC)

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Un Inukshuk près de Kuujjuaq.

La nouvelle ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a porté un jugement sans appel sur le Plan Nord, un plan «marketing » fait sur mesure pour les sociétés minières. Le nom «Plan Nord» semble désormais destiné aux oubliettes, tandis que le gouvernement entend revoir à sa façon le développement au nord du 49e parallèle. La Presse Affaires a recueilli les réactions et interrogations d'acteurs intéressés.

Ugo Lapointe, porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine

«Si le Plan Nord est enterré pour mieux réorienter les choses, tant mieux», se réjouit Ugo Lapointe, en attendant que le gouvernement livre davantage d'explications sur son plan de match nordique. M. Lapointe et sa coalition estiment qu'une nouvelle vision du développement nordique doit inclure des améliorations sur trois enjeux: rétablir le lien de confiance avec les nations autochtones oubliées (Algonquins, Attikameks, Innus); élargir les consultations pour un nouveau programme de développement; améliorer les connaissances sur l'état du territoire par l'entremise d'une «évaluation sociale et environnementale stratégique» pour le Nord. M. Lapointe s'est par ailleurs déclaré favorable à la tenue d'un Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur toute la filière de l'uranium. La ministre Ouellet avait affirmé que c'était une avenue que le gouvernement allait «étudier très sérieusement».

François Laurin, président et chef de la direction de Cap-Ex Ventures

Cap-Ex Ventures développe un projet de fer dans la Fosse du Labrador. Son patron, François Laurin, est actuellement en Europe pour dénicher des capitaux. «Si c'est juste le branding du Plan Nord qui change, les investisseurs vont pouvoir passer à travers», croit-il.

Ce qui dérange bien plus, selon lui, ce sont les intentions du gouvernement de hausser les redevances.

«Il n'y a rien qui se prend en isolation, il n'y a rien qui reste égal en changeant une variable», illustre M. Laurin, ancien de l'équipe de Consolidated Thompson qui avait lancé la mine du lac Bloom.

En d'autres mots, la rentabilité financière des projets sera affectée par une hausse des redevances, et les décisions d'investissement aussi.

Cap-Ex Ventures discute actuellement avec le CN pour le développement d'un nouveau chemin de fer sur la Côte-Nord. Ce projet continue d'avancer, souligne M. Laurin.

Alice Jérôme, grande cheffe du conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg

La nation algonquine, qui vit notamment en Abitibi, soutient que son territoire traditionnel s'étend au-delà du 49e parallèle. «Nous sommes à la porte du Plan Nord», a souligné Alice Jérôme dans une conférence tenue mardi à Montréal. Dans ce contexte, elle dénonce l'absence de consultation de sa nation dans la mise en place du Plan Nord sous le précédent gouvernement. «Nous sommes une nation oubliée, a déclaré Mme Jérôme. C'est très beau, le Plan Nord, je suis pour le développement, mais il y a quelque chose qui manque. Pourquoi je supporterais le Plan Nord si on est complètement ignoré?» Mme Jérôme entend se faire remarquer du nouveau gouvernement et exiger d'être consultée pour la gestion des ressources du territoire. «On a écrit des lettres à la première ministre, pour lui dire qu'on est là.» Est-ce que Pauline Marois aura davantage de compréhension que son prédécesseur? demande-t-elle.

Nochane Rousseau, associé et spécialiste de l'industrie minière chez PricewaterhouseCoopers

Selon Nochane Rousseau, il ne fait nul doute que tout changement dans le Plan Nord, que ce ne soit que le nom ou certaines de ses composantes, devra être suivi d'une campagne de communication à l'international. «Il y avait eu beaucoup de démarchage à l'international par le premier ministre Charest, le ministère du Développement économique et Investissement Québec», observe M. Rousseau. Il faudra donc bien communiquer d'éventuels changements et expliquer les nouvelles orientations du gouvernement pour éviter la confusion, résume M. Rousseau. Selon lui, le Plan Nord n'a peut-être pas généré directement tous les projets miniers qui sont dans le portrait aujourd'hui, mais cela a pu faciliter leur financement. «Le Plan Nord joue un rôle de catalyseur, soutient M. Rousseau. On a vu des gens s'y intéresser, incluant dans d'autres domaines que l'industrie minière.»

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