Vente de Nexen: un test pour les relations avec la Chine

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Un rejet de la vente de Nexen pour 15 milliards de dollars pourrait envoyer un bien mauvais message aux autorités au pouvoir à Pékin au moment où le Canada doit multiplier les efforts pour obtenir sa part du marché en Asie, en pleine croissance économique.

(Ottawa) La décision que prendra sous peu le gouvernement Harper au sujet l'offre d'achat de Nexen par la société d'État chinoise China National Offshore Oil Corp. (CNOOC) constitue un véritable test des relations sino-canadiennes au cours des prochaines années.

Cette décision, attendue d'ici trois semaines, donnera le ton aux relations entre les deux pays pour les années à venir, ont fait valoir hier des experts à l'occasion de la conférence organisée par le Conseil canadien des chefs d'entreprises (CCCE) intitulée «Le Canada à l'ère du Pacifique».

Chose certaine, un rejet de cette transaction de 15 milliards de dollars pourrait envoyer un bien mauvais message aux autorités au pouvoir à Pékin au moment où le Canada doit multiplier les efforts pour obtenir sa part du marché en Asie, en pleine croissance économique.

«Il y a un milliard de paires d'yeux qui regardent ce qui se passe ici», a laissé tomber Felix Chee, le représentant principal de China Investment Corporation au Canada, alors qu'il participait à une table ronde sur les investissements étrangers à l'aube d'un siècle dominé par les pays du Pacifique.

Pour l'ancien ministre de l'Industrie Jim Prentice, aujourd'hui vice-président à la Banque CIBC, il ne fait aucun doute que cette transaction mérite d'être approuvée par Ottawa. D'abord, le Canada a besoin d'investissements étrangers pour exploiter cette importante ressource que sont les sables bitumineux.

Ce «partenariat stratégique avec la Chine» permettrait à l'industrie pétrolière de trouver de nouveaux débouchés en Asie et de réduire sa dépendance envers le marché américain. Aussi, Nexen est une entreprise qui détient des avoirs non seulement au pays, mais aussi à l'étranger, ce qui réduit les risques.

«Je crois que le gouvernement canadien verra la sagesse de donner son approbation à cette transaction. Je crois que l'on peut convaincre la population du bien-fondé de cette transaction et que cela est dans l'intérêt du Canada. [...] Nous ne pouvons pas développer le plein potentiel de l'industrie des sables bitumineux sans avoir des investissements étrangers», a affirmé M. Prentice durant le même panel.

L'ancien ministre dans le gouvernement Harper a aussi soutenu que cette transaction permettrait au Canada d'être un acteur important dans un contexte géopolitique où les États-Unis et la Chine ont des besoins énormes en matière énergétique.

Les autorités chinoises ont fait savoir au cours des derniers jours qu'elles attendent la décision du gouvernement Harper avec impatience. En fin de semaine, l'ambassadeur de la Chine au Canada, Zhang Junsai, a déclaré au cours d'une entrevue à des médias canadiens que cette transaction pourrait être la première d'une série d'investissements importants de la Chine au Canada.

«Je pense que les investisseurs chinois viennent ici parce qu'ils ont le sentiment que l'environnement y est bon, que le pays est stable sur le plan politique et qu'il possède des réglementations et des règles matures», a déclaré le diplomate au réseau CTV. «Ils ont l'impression qu'ils peuvent collaborer avec leurs homologues et apprendre à bien les connaître. C'est pour ça qu'ils viennent ici.»

Le NPD presse depuis des semaines le gouvernement Harper de tenir des audiences publiques sur la vente de Nexen, étant donné l'importance de la transaction. Cette demande a été rejetée par le ministre de l'Industrie Christian Paradis. Certains députés conservateurs, notamment de l'Alberta, ont aussi exprimé des craintes au sujet de l'offre d'achat de la société d'État chinoise.

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