ArcelorMittal dénonce le «moratoire sur l'économie» du PQ

«On s'attendait de façon réaliste à une gouvernance... (Photo François Roy, archives La Presse)

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Photo François Roy, archives La Presse

«On s'attendait de façon réaliste à une gouvernance de gauche, mais on a jusqu'à maintenant la vilaine impression qu'un moratoire général sur l'économie vient d'être décrété», affirme Eric Tetreault, directeur des communications d'ArcelorMittal Mines Canada.

(Montréal) Selon le porte-parole de l'une des plus grandes sociétés minières implantées au Québec, ArcelorMittal Mines Canada, le nouveau gouvernement du Parti québécois a décrété «un moratoire général sur l'économie».

Dans un billet publié sur le site internet de la société, le directeur des communications, Eric Tetrault, souligne l'incertitude du milieu des affaires quant aux orientations du gouvernement Marois. «On s'attendait de façon réaliste à une gouvernance de gauche, mais on a jusqu'à maintenant la vilaine impression qu'un moratoire général sur l'économie vient d'être décrété.»

Eric Tetrault a été directeur des communications au cabinet du premier ministre Jean Charest en 2008 et 2009 et est entré chez ArcelorMittal en 2011. C'est un proche de l'ancien ministre des Transports, Pierre Moreau, qui réfléchit à la possibilité de se lancer dans la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ). Le leader parlementaire du PLQ, Robert Dutil, a aussi utilisé l'expression «moratoire sur l'économie» vendredi dernier.

M. Tetrault soutient que «le nouveau gouvernement est le plus à gauche de l'histoire» et que «son défi sera de ne pas laisser ses idées et ses dogmes prendre le pas sur la réalité».

«On n'a rien pour être rassurés jusqu'à maintenant», a précisé M. Tetrault hier dans un entretien avec La Presse Affaires. Il fait référence à la déclaration de la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, qui semblait fermer la porte de façon permanente à l'exploitation des gaz de schiste.

Si certaines personnes dans l'industrie minière estiment que le gouvernement minoritaire n'ira pas de l'avant avec sa proposition de modification du régime de redevances, ArcelorMittal, déjà la plus importante contributrice de droits miniers au Québec, se montre plus craintive. «Le PQ ne donne aucun signe qu'il va reculer dans ce dossier», avance M. Tetrault.

Selon lui, le PQ a un biais négatif sur l'industrie minière, «un biais alimenté par des idées qui n'ont pas de prises avec la réalité».

Au cabinet de la ministre des Ressources naturelles, on estime que la sortie de M. Tetrault est «un peu alarmiste». «Leur perception de ce qu'on veut faire est erronée, explique Stevens Héroux, du cabinet ministériel. On veut développer. On a dit qu'on va développer le Nord. On va le développer avec eux, mais on va faire ça de façon différente un peu.»

M. Héroux ajoute que la nouvelle ministre entend rencontrer le patron d'ArcelorMittal Mines Canada, Serge Miller, et les autres intervenants du secteur minier, pour expliquer sa vision du développement économique.

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