Mine Raglan: un projet d'éolienne en jeu

Mine de nickel Raglan... (PHOTO FOURNIE PAR XSTRATA)

Agrandir

PHOTO FOURNIE PAR XSTRATA

Mine de nickel Raglan

Dans les bureaux de la mine Raglan, dans l'extrême nord du Québec, les gestionnaires ont sorti leur calculatrice.

Leur problème est loin d'être simple. Propriété de la multinationale Xstrata Nickel, le site a émis entre 125 et 165 kilotonnes de gaz à effet de serre par année de 2007 à 2010. Il dépasse donc de beaucoup le seuil de 25 kilotonnes fixé par Québec et sera assujetti à la réglementation du marché du carbone.

Ce qui pollue tant à la mine Raglan n'est pas le procédé minier lui-même. C'est l'électricité que la mine et toutes les installations qui l'entourent - résidences, usine de traitement des eaux, bureaux administratifs - nécessitent.

«Nous avons pratiquement une municipalité à gérer», dit Jean-François Verret, de la direction, stratégie et affaires externes, chez Mine Raglan.

Le hic: comme le site est trop éloigné pour être relié au réseau d'Hydro-Québec, l'électricité est produite en brûlant du diésel qui doit être acheminé par bateau. Une façon de faire extrêmement polluante.

Si elle ne réagit pas, la mine devra acheter des crédits de carbone. La direction calcule que la facture s'élèverait à environ 25 millions d'ici 2020 - une estimation qui pourrait varier considérablement selon les prix qu'atteindront les crédits de carbone.

Pour des raisons environnementales et d'économie d'énergie, la mine étudie depuis 2007 la possibilité d'implanter un parc d'éoliennes sur le site, qui pourrait fournir de 15 à 30% de son énergie.

«Nous avons lancé l'initiative pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le marché du carbone. Mais c'est sûr que son arrivée modifie les calculs», dit M. Verret.

D'un côté, les éoliennes permettaient de réduire les sommes payées en crédits de carbone. «Le problème, c'est que notre projet d'éoliennes serait prêt en 2015 au mieux, alors qu'on devra commencer à payer pour le marché du carbone dès 2013, souligne par contre M. Verrat. Et les montants qu'on devra donner pour ça, on pourra difficilement les mettre dans le projet d'éoliennes.»

Le marché du carbone favorisera-t-il l'arrivée d'un parc d'éoliennes à l'extrême Nord du Québec? Ou nuira-t-il à son implantation? Pour l'instant, aucune décision n'est prise chez Mine Raglan. Et les calculs se poursuivent.

Partager

La Presse Affaires vous suggère

publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer