Pipeline: la rentabilité de Northern Gateway sous la loupe

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Plutôt que de faire passer le futur oléoduc Northern Gateway par la Colombie-Britannique, réticente au projet, les Territoires du Nord-Ouest sont envisagés comme substitut.

Agence France-Presse
Edmonton

L'ampleur des bienfaits économiques du pipeline Northern Gateway a été remise en question mardi, à l'occasion des audiences organisées sur ce projet d'Enbridge.

Le projet, évalué à 6 milliards $, a été présenté comme une méthode visant à relier la production croissante des sables bitumineux albertains aux marchés énergivores asiatiques, ce qui permettrait aux producteurs pétroliers canadiens d'augmenter leurs profits en exigeant des prix plus élevés pour expédier leur pétrole brut vers un autre continent.

Les avocats de la Première Nation Haisla affirment qu'Enbridge utilise deux évaluations différentes pour déterminer la croissance de l'offre de pétrole brut en provenance de l'Alberta au cours des prochaines décennies. Les projections de 1,8 milliard $ en revenus d'ici 2018 seraient donc exagérés.

Une estimation plus haute se traduit par des revenus potentiellement plus élevés pour les producteurs de pétrole qui utiliseront ce pipeline entre les sables bitumineux de l'Alberta et la côte de la Colombie-Britannique.

L'avocate Hana Boye soutient que l'estimation de la croissance de l'offre fournie par Enbridge à ses investisseurs est plus petite que l'estimation utilisée pendant les audiences. Les données dévoilées lors des audiences de l'Office national de l'énergie (ONÉ), préparées en collaboration avec l'Association canadienne des producteurs pétroliers, laissent ainsi prévoir une croissance de 6,5 pour cent par année entre 2011 et 2020. Dans le cadre de ses propres estimations, Enbridge avance plutôt une croissance de 4,4 pour cent, soit une différence de 500 000 barils de brut par jour d'ici 2020 qui mène à une diminution égale des revenus dont profiteront les producteurs.

L'avocat d'Enbridge rétorque que les deux données témoignent d'une hausse importante de la production pétrolière et que la différence entre les deux n'a que peu d'impact sur la position de la compagnie.

«Ces petits changements au fil du temps ne sont pas suffisamment importants pour modifier l'importance de la réalisation de ce projet», a déclaré John Carruthers, le responsable du projet Northern Gateway.

Au dire de Me Boye, toutefois, ce projet pourrait nuire à la transformation du pétrole des sables bitumineux albertains en sol canadien, et ses coûts environnementaux n'ont pas été entièrement évalués.

L'avocate a également questionné l'économiste environnemental Mark Anielski à propos de son calcul monétaire des impacts environnementaux du projet. Me Boyle a souligné que son analyse ne correspondait qu'à un corridor de 50 mètres entourant l'oléoduc, et que les effets potentiels à l'extérieur de cette zone n'étaient pas inclus dans le calcul de risque.

M. Anielski a répondu que ces effets pouvaient exister, mais qu'il n'existait pas de méthode crédible pour leur accoler une valeur monétaire.

«Ce genre d'informations n'est pas disponible. Spéculer sur la question ne serait pas professionnel», a-t-il dit.

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