Essence: des hausses difficiles à expliquer

Des automobilistes font la file au Costo de... (Photo Reuters)

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Des automobilistes font la file au Costo de la rue Bridge à Montréal.

La variation des prix de l'essence cause des maux de tête aux Montréalais. Hier matin, les automobilistes payaient, à la pompe, 1,53$ le litre pratiquement partout dans l'île, avant que le prix diminue de 8 cents en fin de journée.

Il s'agit du prix le plus élevé depuis 2008, lorsque l'essence avait atteint des sommets jamais vus jusque-là.

En début d'après-midi, La Presse a visité trois stations-service. Deux d'entre elles étaient entièrement désertes. Au Shell de la rue Saint-Maurice, une cliente faisait son plein d'essence. «Non seulement on paye beaucoup plus pour l'essence, mais avec les constructions partout dans Montréal, on reste plus de temps en voiture. C'est scandaleux», s'est exclamée la dame, qui se rend à son travail en voiture tous les matins.

Joint par téléphone, le porte-parole de l'Union des consommateurs, Charles Tanguay, a dénoncé haut et fort cette hausse à la pompe, qui n'est aucunement fondée selon lui. «On se demande toujours ce qui explique les hausses, mis on n'a jamais de réponses à ces questions-là.»

Charles Tanguay ajoute que les fluctuations du prix du litre, surtout celles du jour au lendemain, ont pour but de flouer les consommateurs. «C'est un bal où tous semblent danser sur le même tempo.»

Il y a deux ans, l'Association québécoise des indépendants du pétrole (AQUIP) a déposé au gouvernement libéral une proposition législative. Cette dernière suggérait, entre autres, d'encadrer la vente au détail de l'essence par l'imposition d'un prix plancher et d'un prix plafond, ajustés quotidiennement en fonction du coût d'acquisition du carburant.

«À long terme, le consommateur en sortirait gagnant, avec un prix plus stable. Ce serait mieux que de tout le temps passer d'un extrême à l'autre», a expliqué l'économiste et la présidente de l'AQUIP, Sonia Marcotte.

Lorsqu'il formait l'opposition officielle, le Parti québécois (PQ) avait montré de l'intérêt pour cette proposition. L'attaché de presse du PQ, Éric Gamache, n'a pas souhaité faire de commentaire sur le sujet. «Ce sera au prochain ministre des Ressources naturelles d'entamer les démarches s'il le juge adéquat», a-t-il dit.

Des exceptions

Il y a tout de même eu quelques exceptions dans l'île de Montréal. Par exemple, à la station-service Costco de la rue Bridge, l'essence ordinaire coûtait 1,374$ le litre hier matin, soit 15 cents de moins que la moyenne montréalaise. Cette information s'est rapidement propagée et des centaines d'automobilistes y ont convergé.

Un employé de la station-service a indiqué qu'il avait fallu ouvrir une heure plus tôt. L'afflux d'automobilistes a causé un embouteillage à la sortie du pont Victoria.

L'employé soutient qu'à ce prix, l'entreprise fait tout de même de l'argent avec l'essence, grâce au volume des ventes. «À ce rythme, on doit recevoir de l'essence deux fois par jour», dit-il.

Le site internet essencemontreal.com recensait un prix moyen de 1,45$ le litre au Québec. Un litre d'essence se vendait de 1,40$ à 1,42$ dans la région de Québec, de 1,36$ à 1,38$ dans la région de Trois-Rivières et autour de 1,40$ à Sherbrooke.

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