Énergies vertes: un investisseur majeur débarque à Montréal

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Anne-Marie Bourgeois, figure bien connue du milieu des technologies propres, dirigera le bureau montréalais d'EnerTech Capital.

(Montréal) Il a les poches profondes, un historique de succès et un réseau de contacts qui s'étend partout au Canada et aux États-Unis. Et il débarque à Montréal avec des millions de dollars à miser sur les entreprises d'ici.

EnerTech Capital, important gestionnaire de capital-risque spécialisé dans les énergies vertes et l'efficacité énergétique, ouvre un bureau à Montréal. Il sera dirigé par Anne-Marie Bourgeois, une figure bien connue du milieu des technologies propres qui compte 17 ans d'expérience dans le secteur.

«La présence d'Hydro-Québec et de son Institut de recherche, qui génèrent beaucoup d'innovation en nouvelles technologies, est l'un des aspects qui nous ont attirés au Québec. L'autre est le grand nombre d'entreprises innovantes dans le secteur de l'énergie et des technologies propres qu'on voit émerger dans la province», a dit à La Presse Affaires Wally Hunter, associé principal d'EnerTech Capital.

Fondé aux États-Unis en 1996, EnerTech possède aujourd'hui des bureaux à Philadelphie, Toronto et Calgary. Son métier: miser de l'argent sur de jeunes entreprises du domaine des énergies vertes et de l'efficacité énergétique dans l'espoir de les voir percer.

Le portefeuille d'EnerTech atteint aujourd'hui 450 millions US et l'entreprise a généré 31 «sorties» - un terme qui signifie qu'elle a réussi à récupérer son investissement (et parfois beaucoup plus) dans une entreprise parce que d'autres investisseurs ont pris le relais, que l'entreprise est entrée en Bourse ou qu'elle a fait l'objet d'une acquisition.

EnerTech vient de lancer le quatrième fonds de son histoire, dont 60 millions ont déjà été récoltés. Taille visée: 150 millions. Selon M. Hunter, on peut s'attendre à ce que 20% de la somme ou même davantage soit investi dans les entreprises du Québec.

Pour identifier les meilleures occasions d'affaires dans la province, EnerTech s'est réjoui d'avoir recruté Anne-Marie Bourgeois. Mme Bourgeois a notamment participé au financement des entreprises en démarrage de technologies propres au sein de la fondation Technologies du développement du durable Canada.

«Son expérience et sa connaissance du marché québécois vont nous être très précieuses, a dit M. Hunter. On se sent comme des recruteurs de hockey qui ont gagné leur repêchage.»

«De Philadelphie, il peut être difficile de bien prendre le pouls du marché québécois. De mon côté, je connais très bien les entreprises - ça fait 17 ans que je travaille avec elles. On va donc être beaucoup plus proactifs à partir de maintenant», dit de son côté Mme Bourgeois.

Fait intéressant, EnerTech avait reçu un investissement d'Hydro-Québec quand elle avait lancé son deuxième fonds. L'entreprise a déjà annoncé son intention de travailler de concert avec Cycle Capital, un gestionnaire de capital-risque québécois entièrement qui se consacre aux technologies propres.

«Nous connaissons Cycle depuis longtemps et nous sommes actuellement en train de regarder quelques-unes de leurs entreprises», a révélé M. Hunter. Deux transactions en particulier sont à l'étude, a-t-il précisé.

Loin de craindre la concurrence, Cycle Capital a salué l'arrivée de ce nouvel acteur au Québec.

«Cycle fait rarement des investissements seul, et c'est extrêmement positif d'avoir des partenaires qui amènent d'autres ressources financières et d'autres liens dans le marché au niveau international», a commenté Andrée-Lise Méthot, fondatrice et associée principale chez Cycle Capital.

«Le seul fait qu'un acteur de la trempe d'EnerTech démontre de l'intérêt pour le Québec prouve qu'il se passe des choses intéressantes dans notre marché», a ajouté Mme Méthot.

Outre l'argent, EnerTech amènera avec lui tout un réseau de co-investisseurs, notamment américains, qui pourront investir et éventuellement conseiller et aider à propulser les entreprises québécoises sur lesquels ils miseront.

«C'est peut-être le plus grand bénéfice pour le Québec, dit à ce sujet M. Hunter. Des investisseurs qui n'avaient pas nécessairement le Québec sur leur radar risquent d'investir ici parce qu'ils nous connaissent, qu'ils connaissent notre réputation et notre feuille de route.»

ENERTECH CAPITAL EN UN COUP D'OEIL

- Fondé en 1996

- Gère un portefeuille de 450 millions US

- 31 sorties réussies

- Déploie actuellement son quatrième fonds

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