Anticosti: une beauté sauvage

La magnifique baie de Jupiter-La Mer à Anticosti.... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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La magnifique baie de Jupiter-La Mer à Anticosti.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

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Imaginez un endroit où le garde-chasse remplace la police, où les enfants doivent s'expatrier à 14 ans, où il n'y a pratiquement aucun moyen de transport en hiver et où vivent 600 fois plus de chevreuils que d'humains.

Bienvenue à Anticosti.

Les résidants ne voudraient pourtant la quitter sous aucun prétexte. Mais vivre ici n'est pas simple, malgré la stupéfiante beauté des lieux.

Ils sont 230 à occuper un territoire de 200 km sur 50 - ce qui inclut les jeunes expatriés pour leurs études. En effet, l'école du seul village, Port-Menier, accueille les élèves jusqu'en deuxième secondaire. Après, ils doivent aller à Sept-Îles ou à Havre-Saint-Pierre, où ils logent en pension. Actuellement, l'école compte 16 élèves.

Depuis un an, les citoyens doivent faire bouillir leur eau. Le laboratoire de Sept-Îles qui effectuait les analyses hebdomadaires de la qualité de l'eau de l'aqueduc local ne peut plus le faire. Il faut donc envoyer les échantillons à Québec, mais c'est trop loin: l'échantillon y arrive périmé.

«L'hiver dernier, on a manqué d'eau dans le village. Il a fallu en faire venir par avion. Ça coûtait 5$ le gallon», se rappelle Robert-Beverly Smith.

Au dispensaire du village, deux médecins de Havre-Saint-Pierre se relaient, mais n'y sont pas toujours. «Le concept de super-infirmier, ici, on le connaît depuis longtemps», explique Marc Lafrance.

Et que se passe-t-ilsi un rare crime est commis ?

«Le garde-chasse va intervenir. C'est déjà arrivé qu'un gars tire dans sa maison. Le garde-chasse a évacué les voisins, fait un périmètre. S'il y a urgence, la Sûreté du Québec va envoyer quelqu'un en avion», poursuit M. Lafrance.

Côté transport et ravitaillement, ce n'est pas simple non plus. Le Nordik Express, cargo-traversier qui fait le relais entre tous les villages nord-côtiers, ne passe pas en hiver. Il ne reste que l'avion, coûteux, qui vole seulement quand la météo le permet.

Sur le plan économique, les temps sont durs. La Société des établissements de plein air du Québec et les pourvoiries font vivre beaucoup de résidants. Produits forestiers Anticosti est en déclin. Elle a déjà fait travailler une centaine de personnes, mais ils ne sont plus guère que 20. Et on parle de cesser la coupe d'arbres pour quelques étés.

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