Nexen est-elle sous-évaluée?

Le siège social de CNOOC à Pékin.... (Photo Reuters)

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Le siège social de CNOOC à Pékin.

Jean Gagnon., collaboration spéciale
La Presse

(Montréal) Les Chinois profitent-ils d'un moment où l'évaluation des sociétés pétrolières canadiennes est à leur plus bas niveau pour acheter Nexen inc (T.NXY)?

C'est la question que l'on peut se poser alors que les dirigeants de Nexen confirment avoir accepté en fin de semaine une offre au comptant de 27,50$ déposée par la société chinoise China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) pour la totalité de ses actions.

Bien qu'elle offre une généreuse prime de 66% sur le cours moyen des 20 derniers jours, CNOOC achèterait le 12e producteur canadien en importance à un prix 25% inférieur à ce qu'il était lorsque la crise financière éclata, à l'été 2008.

Nexen produit 213 000 barils de pétrole par jour, et 78% de ses actifs sont à l'étranger, soit en mer du Nord, dans le golfe du Mexique, ainsi que sur la côte ouest de l'Afrique. Mais elle extrait aussi du pétrole à partir de réserves de sables bitumeux à Long Lake, en Alberta.

Que CNOOC jette son dévolu sur Nexen est un peu surprenant, car la qualité des actifs n'est pas extraordinaire, explique Daniel Lavoie, gestionnaire de portefeuilles chez Fiera Capital. Mais l'évaluation était fort attrayante, concède-t-il.

En effet, tous les projets de Nexen sont difficiles et coûteux à développer, ce qui limite la croissance de l'entreprise. Toutefois, en passant entre les mains d'un gros joueur tel CNOOC, elle pourra à long terme plus facilement développer son potentiel, croit le gestionnaire.

Les résultats de l'entreprise étaient d'ailleurs très mitigés. À son plus récent trimestre, la société a réalisé un bénéfice de 109 millions, la moitié de ce qu'elle avait gagné au même trimestre l'année dernière.

Des investisseurs critiquaient ouvertement la gestion de l'entreprise. «On voulait que les choses s'améliorent», dit Denis Durand, associé principal chez Jarislowsky Fraser. Rappelons que les hauts dirigeants de Nexen, Marvin Romanov et Gary Nieuwenberg, avaient quitté l'entreprise en janvier dernier.

Bien que leur analyse de l'offre ne soit pas terminée, il semble que le prix offert soit bon, estime M. Durand. Comme les titres du secteur ont tous beaucoup souffert au cours des dernières années, il craignait que la société fasse l'objet d'une offre hostile à prix relativement bas. «Nexen, à cause de ses retards dans le développement du projet des sables bitumineux de Long Lake, était vulnérable», dit M. Durand.

D'autres transactions à venir?

D'autres entreprises seront-elles convoitées? On pourrait penser à Talisman Energy, une autre mal-aimée du secteur. Le titre, qui avait touché 24,50$ en 2008, ne valait plus que 11$ à la clôture des négociations, vendredi dernier. Il a bondi de 15% dès l'ouverture hier matin à la suite de l'annonce de l'achat de Nexen par CNOOC. L'action de Talisman s'est ensuite repliée pour terminer la journée à 11,80$, en hausse de 6,8%.

Pure coïncidence, Talisman a annoncé hier avoir vendu à la China Petroleum and Chemical Corporation (Sinopec), l'autre groupe chinois du secteur, une participation de 49% dans sa filiale du Royaume-Uni.

Les gestionnaires surveilleront sûrement de près l'évolution des autres sociétés pétrolières canadiennes, croit M. Durand. «Ce qui ne serait pas surprenant, ce serait que les filiales canadiennes des sociétés étrangères soient rachetées par leurs sociétés mères», dit-il.

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