Québec a financé la mine Jeffrey bien avant de l'annoncer

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L'homme d'affaires montréalais Baljit Chadha est l'un des... (Photo: Graham Hughes, La Presse Canadienne)

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Photo: Graham Hughes, La Presse Canadienne

L'homme d'affaires montréalais Baljit Chadha est l'un des investisseurs dans le projet de relance de la mine Jeffrey.

(Montréal) Le gouvernement du Québec a avancé des millions de dollars l'an dernier pour la relance de la mine Jeffrey, plusieurs mois avant d'en faire l'annonce officielle à la fin juin, a appris La Presse.

En novembre 2011, le bras investisseur du gouvernement, Investissement Québec, a prêté 7 millions de dollars à la mine, indique le registre des droits mobiliers du Québec. La porte-parole d'Investissement Québec, Chantal Corbeil, explique que l'argent a servi à financer l'achat d'équipements et de machinerie (5 millions) et à assumer les coûts de certaines études, entre autres.

Conditions

Le prêt a été consenti en contrepartie d'une hypothèque sur les biens. Selon Mme Corbeil, Investissement Québec a avancé les fonds à la condition que les partenaires privés en fassent autant, ce qui fut le cas. Les 7 millions de dollars de novembre sont inclus dans les 58 millions annoncés il y a trois semaines, assure Mme Corbeil.

La mine Jeffrey est située à Danville, en Estrie, à 200 kilomètres de Montréal. La mine est fermée depuis plusieurs années. Sa relance entraînera la création de près 500 emplois d'ici août 2013, a annoncé l'entreprise il y a trois semaines.

La mine Jeffrey est officiellement détenue par Fibre minérale (MF), selon le registre des entreprises du Québec. Cette société est ultimement détenue par les hommes d'affaires Bernard Coulombe et Baljit Chadha.

Ces deux partenaires auraient investi 11 millions de dollars en capital-actions, selon nos informations. M. Chadha a d'ailleurs hypothéqué sa maison de Westmount et sa résidence secondaire de Mont-Tremblant, en avril dernier.

Le troisième financier est la société Ulan Marketing, de Thaïlande. L'entreprise a investi 14 millions sous la forme d'un prêt et non en capital-actions. Le nom de l'entreprise de Bangkok n'apparaît d'ailleurs nulle part au registre des actionnaires, mis à jour le 11 juillet, soit après l'annonce de la relance.

Un investissement en capital-actions est plus risqué qu'un prêt. D'ailleurs, Ulan a pris une hypothèque sur l'ensemble des biens de la mine Jeffrey pour se prémunir contre d'éventuels problèmes, une pratique habituelle. Investissement Québec nous indique que les fonds d'Ulan sont injectés sous forme de prêt subordonné, considéré comme du quasi capital.

Les fonds d'Ulan ont été avancés par l'entremise d'une firme de Hong Kong incorporée le 26 avril dernier, Ulan Global Marketing, vraisemblablement pour des raisons fiscales.

Les trois partenaires ayant mis 25 millions de dollars sur la table, le gouvernement a consenti un prêt de 58 millions. Ce prêt, garanti par une hypothèque de premier rang sur tous les biens de la mine, porte un taux d'intérêt de 10% par année et a une durée de huit ans, nous confirment les porte-parole de la mine Jeffrey ou d'Investissement Québec.

Québec dit avoir avancé 7 millions l'an dernier pour couvrir les coûts de mise en oeuvre de la mine prévue le 1er avril 2012. «Cette opération était nécessaire car mine Jeffrey se devait de maintenir en bon état les galeries souterraines qui avaient été dénoyées. De plus, cette intervention a permis à mine Jeffrey de fournir les clients de LAB Chrysotile qui avait annoncé une fermeture précipitée», indique le porte-parole du ministère Développement économique, Jean-Pierre d'Auteuil.

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