La chaleur ranime la demande d'électricité

Hélène Baril

(Montréal) La vague de chaleur qui sévit depuis plus de quatre jours dans le centre et l'est du continent a redonné vie au marché de gros de l'électricité, et ce n'est pas Hydro-Québec qui s'en plaindra.

«Comme la demande est plus élevée, les prix sont plus intéressants», a expliqué hier un porte-parole de la société d'État, Gary Sutherland.

Hydro est actuellement très active sur les marchés voisins, dont la demande d'électricité atteint son maximum pendant les chaleurs estivales. La consommation pourrait augmenter de 10 à 30% à New York, où la température actuelle dépasse les 30 degrés, et sur la côte est américaine au cours des prochains jours, selon l'agence Bloomberg.

Il n'a pas été possible de savoir combien d'électricité québécoise aide actuellement les Torontois et les New-Yorkais à combattre la chaleur. Hydro ne rend pas ces données publiques «pour des raisons commerciales», a précisé son porte-parole.

La demande est à la hausse sur les principaux marchés d'exportation d'Hydro-Québec, mais aucun record ne devrait être battu. Le New York Independant System Operator, qui gère le réseau électrique de l'État de New York, prévoyait que la demande totale d'électricité atteindrait aujourd'hui 31 900 mégawatts, loin de la pointe de 33 939 mégawatts enregistrée en 2006.

À Toronto, le dernier record de consommation remonte aussi à 2006. Hier, la consommation maximale devait atteindre 23 749 mégawatts, comparativement à 27 005 mégawatts cette année-là.

Les prix de gros de l'électricité sont poussés à la hausse par l'augmentation de la demande, mais ils restent également bien en deçà des records déjà enregistrés. Au plus chaud de la journée hier, le prix a touché brièvement 10 cents le kilowattheure en Ontario, mais il s'est maintenu en moyenne à des niveaux beaucoup plus bas. Depuis le début du mois de juillet, le prix moyen est de 3,37 cents le kilowattheure sur le marché ontarien.

Les prix de l'électricité sur les marchés de gros sont très bas depuis plusieurs mois, en raison de la faiblesse de l'économie américaine et du prix très bas du gaz naturel, qui sert d'étalon pour fixer le prix de l'électricité.

La vague de chaleur actuelle n'a pas eu d'impact à la hausse sur le prix du gaz naturel, en raison des abondantes réserves des États-Unis. Environ 36% du gaz consommé sur le marché américain sert à produire de l'électricité.

Au Québec aussi

Au Québec, le prix de l'électricité est fixé pour un an et ne varie pas selon l'offre et la demande. Hydro-Québec en vend toutefois plus en période de canicule, ce qui contribue à augmenter ses profits.

Hier, la demande maximale devait atteindre 21 000 mégawatts, dont 2500 mégawatts utilisés pour la climatisation, selon les données fournies par Hydro.

Au cours des dernières années, la société d'État a noté une augmentation de la demande maximale d'été, signe que la climatisation est de plus en plus utilisée dans les foyers québécois.

La demande estivale varie selon que la canicule survient la semaine ou le week-end ou encore pendant une période où beaucoup de Québécois sont en vacances, comme c'est le cas actuellement.

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