Le Québec fait fuir les investissements pétroliers

Les efforts du premier ministre Jean Charest pour promouvoir son Plan Nord et... (Photo Archives La Presse Canadienne)

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Hélène Baril

Les efforts du premier ministre Jean Charest pour promouvoir son Plan Nord et intéresser les investisseurs étrangers à nos ressources naturelles ne réussissent pas à convaincre tout le monde. L'industrie du pétrole et du gaz, par exemple, considère toujours le Québec comme un des pires endroits au monde pour investir.

La Belle Province a encore reculé dans le classement international établi annuellement par l'Institut Fraser, après avoir sondé les dirigeants des principales entreprises du secteur. Ces entreprises, qui dépensent près de 300 milliards par année dans l'exploration et l'exploitation pétrolière, considèrent que le Québec décourage l'investissement.

Le Québec occupe l'avant-dernière place au Canada dans l'opinion de ces dirigeants d'entreprises. Seul le Nouveau-Brunswick fait pire, lui qui veut imposer une ponction de 40% sur les profits des entreprises pétrolières et gazières.

Les commentaires recueillis lors du sondage en disent long sur ce que pensent les investisseurs des deux moutons noirs du Canada.

«Le débat public est complètement dominé par ceux qui ne veulent rien savoir du développement pétrolier et gazier», estiment par exemple certains d'entre eux au sujet du Québec. D'autres déplorent que les règles fiscales et les redevances puissent changer à tout moment au Québec comme au Nouveau-Brunswick, ce qui crée beaucoup d'incertitudes.

«Les bureaucrates sont capables de décisions arbitraires qui peuvent détruire les activités d'exploration pétrolières et gazières», dit un autre à propos du Nouveau-Brunswick.

Les investisseurs ont été invités à évaluer le climat d'investissement d'un territoire sous plusieurs aspects comme la fiscalité en général, la réglementation et le climat de travail.

Au Canada, c'est le Manitoba qui est considéré comme la meilleure terre d'accueil pour l'industrie du pétrole et du gaz. La province a déclassé la Saskatchewan, qui était en tête l'an dernier. L'Alberta a réussi à remonter du sixième au troisième rang, grâce surtout à la volonté de son gouvernement de simplifier la réglementation en matière d'obtention de permis et de restauration des sites.

À l'échelle mondiale, le Québec est au 101e rang sur les 147 pays et territoires examinés. Il se retrouve en compagnie du Gabon, de la Chine et de l'Égypte. Il s'agit d'un troisième recul en autant d'années dans le classement international. L'an dernier, le territoire québécois occupait le 92e rang sur 135.

L'économiste Gerry Angevine, coauteur de l'enquête qui en est à sa sixième présentation, croit que le problème du Québec tient à sa réglementation environnementale coûteuse et incohérente, et à l'incertitude fiscale. «La province ne pourra devenir un important producteur de gaz de schiste que lorsqu'elle aura réglé ce problème», a-t-il indiqué.

C'est toujours aux États-Unis que l'industrie pétrolière et gazière estime trouver le meilleur accueil pour ses activités. Quatre États américains, l'Oklahoma, le Mississippi, le Texas et le Dakota-du-Nord occupent les premières places du classement international de 2012. Le Manitoba suit en cinquième position.

Tout en bas, la Bolivie occupe le 147e rang sur 147. Le pays andin était aussi parmi les derniers du classement en 2011, tout comme le Venezuela et l'Iran.

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