Le pétrole remonte dans un marché sans illusions

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Agence France-Presse
New York

Les cours du pétrole sont remontés vendredi, après avoir plongé la veille sous le seuil de 80$, dans un marché qui restait prudent, miné par une salve d'indicateurs moroses et un contexte d'offre abondante.

Le baril de «light sweet crude» pour livraison en août a terminé en hausse de 1,56$ dollar à 79,76$sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août, échangé sur l'IntercontinentalExchange (ICE), est repassé au-dessus de la barre de 90$, à 90,98$, en hausse de 1,75$ par rapport à la clôture de jeudi, où il avait atteint son plus bas niveau depuis décembre 2010.

Les cours du baril ont regagné du terrain vendredi dans un mouvement de rebond technique, selon les analystes, après avoir dégringolé de plus de 3$ jeudi, tombant sous la barre de 80$ pour la première fois depuis octobre.

«Les cours du pétrole sont partis très bas (jeudi), et se sont rapprochés d'un nouveau seuil de soutien, entre 74$ et 76$, au-dessus desquels ils tentent de se maintenir» pour l'instant, a constaté Rich Ilczyszyn, de iiTrader.

Après avoir poursuivi leur recul en cours d'échanges électroniques avant l'ouverture de la séance vendredi, à 77,56$, leur plus bas niveau depuis le 6 octobre, les cours ont profité d'une légère tendance haussière, mais les analystes pensaient que cela ne durerait pas.

«En dépit de ce rebond, les indicateurs économiques en Europe et en Chine sont en recul et les statistiques économiques sont mitigées au mieux», a commenté James Williams, de WTRG Economics.

Un avis que partageait Matt Smith de Summit Energy (Schneider Electric), pour qui, par ailleurs, «le pétrole se heurte à de nombreux vents contraires à la suite de l'abaissement des notes de crédits d'une série de grandes banques mondiales par Mooody's».

La décision jeudi soir par l'agence d'évaluation financière Moody's d'abaisser la note de 15 grandes banques occidentales actives sur les marchés mondiaux, dont les américaines Bank of America et Citigroup, continuait en effet à accentuer la nervosité, déjà forte, des investisseurs.

«La faible demande dans les pays développés et la peur d'une récession font la loi sur ce marché», a résumé James Williams.

Pour les analystes de Commerzbank, la situation du marché était aggravée par la présence d'un important excédent de production sur le marché.

Ainsi, le département de l'Énergie américain (DoE) a fait état mercredi d'un gonflement inattendu des stocks de brut de 2,9 millions de barils lors de la semaine achevée le 15 juin, à un niveau proche d'un record en 22 ans atteint en mai.

«À moins que les pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) n'effectuent des coupes importantes dans leur production, la baisse des prix devrait s'amplifier», ont averti les analystes de Commerzbank.

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