Uranium et acceptabilité sociale: un test pour le Plan Nord

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Les bureaux du camp d'exploration Matoush de la compagnie Ressources Strateco.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

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(Montréal) Les questions d'impact sur le milieu social seront «une composante déterminante» dans la décision qu'aura à prendre la sous-ministre de l'Environnement du Québec sur l'avenir du projet d'exploration Matoush, au nord de Mistissini et Chibougamau. Voilà un test de confiance pour le Plan Nord, estime l'Initiative boréale canadienne.

La sous-ministre, en tant qu'Administrateur de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, prendra en considération l'opposition catégorique de la nation crie de Mistissini face au projet de Ressources Strateco. La société veut lancer, sur le territoire traditionnel cri, un programme d'exploration souterraine de quatre ans pour compléter l'évaluation du gisement Matoush.

L'Agence canadienne d'évaluation environnementale et le ministre fédéral de l'Environnement ont déjà donné leur bénédiction. La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) doit aussi approuver la demande de permis et a tenu des audiences publiques cette semaine à Mistissini, mais son mandat ne couvre que les aspects techniques et le contrôle des risques pour la santé et l'environnement.

Au cours de ces audiences, Daniel Berrouard, de la Direction des affaires autochtones du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), a déclaré que les impacts sociaux seraient une composante déterminante de la décision de la sous-ministre.

De la crédibilité du Plan Nord

Si la CCSN accorde le permis - on le saura d'ici environ deux mois -, la sous-ministre de l'Environnement du Québec aura le dernier mot sur le projet.

Au regard de l'opposition crie, Suzann Méthot, directrice régionale (Québec) de l'Initiative boréale canadienne, appelle à «une réponse cohérente de Québec». «Il en va de la crédibilité du Plan Nord, du respect des principes énoncés dans la loi sur le développement durable, particulièrement sur le plan de l'acceptabilité sociale, et des engagements du gouvernement envers les Premières Nations et Inuit.»

«On a des droits», dit Strateco

Les audiences publiques ont laissé voir une très forte opposition des Cris de Mistissini au projet Matoush.

En entretien avec La Presse Affaires hier, le président et chef de la direction de Strateco, Guy Hébert, s'est dit «déçu et choqué» par ce qu'il soutient être le résultat d'une désinformation, notamment à l'égard de la jeunesse. Il cite notamment la diffusion de photos de bébés déformés par la radioactivité ou des allégations que de la fission nucléaire aurait lieu sur le site de Matoush. «La notion d'acceptabilité sociale, basée là-dessus, ce n'est pas valable», déplore M. Hébert.

Celui-ci affirme que la société continuera de travailler avec les Cris, sur la base de l'Entente sur l'information et la communication signée en décembre dernier. Il rappelle qu'en vertu de la Convention de la Baie-James, le projet a lieu sur des terres publiques, même si elles font partie du territoire traditionnel cri.

«Nous avons des actionnaires, on a des droits, nous avons déjà dépensé 110 millions sur le projet, qui vaut 2 milliards actuellement. Si Québec décide qu'il n'y aura pas d'uranium au Québec, on verra en temps et lieu si les actionnaires vont être dédommagés.»

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