Terres rares: premiers forages à La Romaine

La rivière Romaine.... (Photo fournie par Hydro-Québec)

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Photo fournie par Hydro-Québec

La rivière Romaine.

(Montréal) La Romaine est connue en raison de la construction du vaste complexe hydroélectrique sur la rivière du même nom, à la hauteur de Havre-Saint-Pierre. Une petite société d'exploration dirigée par un ancien ministre des Mines souhaite que la dénomination devienne aussi reconnue pour les terres rares qu'on trouve près d'un village appelé La Romaine, bien plus à l'est sur la Côte-Nord.

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Ditem Explorations est une société dirigée par Raymond Savoie, ministre libéral délégué aux Mines entre 1985 et 1990. M. Savoie dirige aussi Gastem, active dans l'exploration pétrolière et gazière.

Ditem a fait des premiers forages en mars au nord de la communauté de La Romaine, à 70 km à l'est de Natashquan. «De Natashquan vers l'est, c'est une région qui n'a jamais été forée», affirme Raymond Savoie en entrevue avec La Presse Affaires. La SOQUEM avait identifié des indices de terres rares dans le secteur en 1988, mais elle n'avait jamais foré le sol. Ditem a acquis les titres miniers, pour la plupart libres, en avril 2011.

C'est qu'après avoir cherché des diamants et de l'uranium depuis sa création il y a presque 20 ans, Ditem cherchait une nouvelle approche, un nouveau territoire à défricher. Elle a misé sur les terres rares et trouvé cette zone où elle développe maintenant le projet Lalande. «Il existe des indices plus élevés ailleurs, surtout du côté du Labrador, explique Raymond Savoie. Mais à Lalande, nous avons l'avantage d'être près de la côte [à 10 km du golfe du Saint-Laurent], il y a une communauté de 1000 personnes, un aéroport et un quai, et la route 138 passera par La Romaine en 2015 ou 2016.»

Territoire autochtone

La propriété Lalande est sur le territoire revendiqué par les autochtones de La Romaine (Ulaman-shipiulnu). L'automne dernier, Ditem et le conseil de bande en sont venus à une entente de quatre ans pour permettre à la société de lancer le programme d'exploration.

Les détails de l'entente ne sont pas publics, mais l'avocat-conseil du conseil de bande, François Lévesque, nous en a présenté les grandes lignes.

L'accord prévoit que Ditem verse à la communauté une somme «dans les six chiffres» de même que des options d'actions. Il comprend des clauses d'emploi et d'approvisionnement locaux de même que certaines balises environnementales. Il est interdit à Ditem de chercher de l'uranium. Enfin, l'entente ne comprend aucune autorisation pour une éventuelle exploitation.

Ditem entreprendra à l'été une deuxième phase de forages. Il lui faudra auparavant solliciter les investisseurs en lançant un financement malgré la déprime du marché des actions minières. Le titre de Ditem (V.DIT) s'échangeait hier à 4 cents à la Bourse de croissance TSX. Il avait dépassé les 20 cents au début de 2011.

Ditem détient une autre propriété de terres rares (lac Henri) dans les monts Otish, de même qu'une propriété d'uranium. L'accent est toutefois mis sur Lalande, précise Raymond Savoie. La société détient également une royauté de 2% sur une éventuelle production du projet d'uranium Matoush.

La société ontarienne Focus Metals et la SOQUEM, filiale d'Investissement Québec, travaillent également sur une propriété de terres rares et de cuivre à 125 km au nord-est de Sept-Îles.

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