L'action de Fibrek prend près de 10 pour cent

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Selon le chef de la direction de Fibrek, Pierre Gabriel Côté, l'offre améliorée de Mercer témoigne de la valeur potentielle du producteur de pâte, en tenant compte d'un contrat d'achat d'électricité éventuel de 33 mégawatts avec Hydro-Québec qui pourrait générer jusqu'à 16 millions $ en bénéfice avant impôts, intérêts et amortissement.

Ross Marowits
La Presse Canadienne
Montréal

L'action de Fibrek a pris mercredi près de 10 pour cent après que Mercer International eut amélioré son offre d'achat amicale pour le producteur de pâte de près de huit pour cent, relançant du même coup la bataille de prise de contrôle qui l'oppose à Produit forestiers Résolu.

Le titre du producteur de pâte a clôturé à 1,15 $ à la Bourse de Toronto, en hausse de 10 cents, soit 9,52 pour cent.

Fibrek (TSX:FBK) s'est alliée à Mercer pour rejeter l'offre d'achat hostile de Résolu, anciennement connue sous le nom d'AbitibiBowater.

L'offre précédente de Mercer (T.MRI.U) était déjà la plus élevée des deux offres, mais certains des plus grands actionnaires de Fibrek appuient malgré tout la proposition de Résolu.

La nouvelle offre, qui gagne 10 cents pour atteindre 1,40 $ par action, représente une prime de 40 pour cent par rapport à celle de 1 $ par action mise de l'avant par Résolu.

«Mercer a de nouveau mis sur la table une offre supérieure, qui reflète la valeur intrinsèque des actions de Fibrek, confirmée par l'évaluation indépendante présentée au conseil en février, offre que le conseil recommande fortement aux actionnaires», a déclaré dans un communiqué le président du conseil d'administration de Fibrek, Hubert Lacroix.

Mercer a augmenté la portion en argent de son offre de 13 millions $ pour un maximum de 83 millions $. C'est 11,5 millions $ de plus que ce qui est prévu dans la proposition de Résolu.

Les actionnaires peuvent choisir d'échanger chaque titre de Fibrek pour 1,40 $ en espèces, 0,1659 action de Mercer, ou pour une combinaison de 64 cents en espèces et 0,0903 action de Mercer.

Selon le chef de la direction de Fibrek, Pierre Gabriel Côté, l'offre améliorée de Mercer témoigne de la valeur potentielle du producteur de pâte, en tenant compte d'un contrat d'achat d'électricité éventuel de 33 mégawatts avec Hydro-Québec qui pourrait générer jusqu'à 16 millions $ en bénéfice avant impôts, intérêts et amortissement.

La société de produits forestiers a en outre annoncé qu'elle avait mis en place un régime des droits des actionnaires qui devrait expirer le 11 mai, lequel vise à donner plus de temps aux investisseurs pour étudier les différentes options qui s'offrent à eux et à attendre la décision de la Cour suprême du Canada au sujet des bons de souscription spéciaux rendus disponibles à Mercer.

«Depuis le début, nous nous battons sans relâche pour protéger les droits de nos actionnaires minoritaires et nous continuerons de le faire», a déclaré M. Lacroix.

Le régime des droits des actionnaires permettrait à Fibrek d'être rachetée par l'entreprise d'une offre autre que celle de Résolu, qu'elle qualifie d'«offre d'initiés», qui serait faite à tous les actionnaires et acceptée par une majorité des actionnaires indépendants de Fibrek.

Le régime pourrait émettre une action pour chaque action en circulation, ce qui aurait pour effet de diluer la participation de Résolu et ses partenaires. Les droits pourraient être exercés si toute personne ou entité faisait grimper sa participation dans Fibrek à 20 pour cent, ce qui serait considéré comme un «événement de prise de contrôle».

Résolu a pour sa part conclu des conventions de blocage avec Fairfax Financial Holdings (T.FFH), Pabrai Investment Funds et Oakmont Capital, ce qui fait en sorte qu'il est le propriétaire «véritable» de 45,74 pour cent des actions de Fibrek.

Résolu et Fairfax, qui détiennent déjà plus de 20 pour cent de Fibrek, bénéficient de droits acquis en vertu du régime des droits des actionnaires et leur participation actuelle ne peut pas donner lieu à un événement de prise de contrôle.

«Toutefois, à compter d'aujourd'hui, toute acquisition d'actions ordinaires par (Résolu) ou Fairfax en plus de celles dont elles étaient déjà propriétaires véritables à la fermeture des bureaux le 11 avril 2012, ou la conclusion par (Résolu) de conventions de blocage supplémentaires avec d'autres actionnaires, seront considérées comme des événements de prise de contrôle», a précisé Fibrek.

«Confrontés aux manoeuvres abusives (de Résolu), qui a dans les faits empêché une vente aux enchères sans restriction des actions ordinaires de Fibrek, nous prenons des mesures pour favoriser la démocratie actionnariale en riposte à l'offre non sollicitée extrêmement coercitive (de Résolu)», a jugé M. Lacroix.

Fibrek reproche entre autres choses à Résolu d'avoir recours à une stratégie «opportuniste» qui vise à acquérir ses actions à un prix réduit pendant qu'une demande pour faire interdire son offre est en instance. «Cette stratégie tire avantage de l'incertitude existant sur le marché», dénonce Fibrek.

Par ailleurs, Fibrek a annoncé plus tôt mercredi que la Cour suprême du Canada avait accepté d'accélérer la procédure d'appel d'une décision rendue par un tribunal du Québec en faveur de Résolu.

La Cour suprême a établi que toute réponse à la demande d'autorisation d'appel doit être déposée d'ici jeudi 16 h. Fibrek aura jusqu'à midi le lendemain pour signifier et déposer sa réplique.

Si la demande d'autorisation d'appel est accueillie, les juges de la Cour saisis de la demande d'autorisation indiqueront dans leur jugement si l'appel est accéléré.

Si elle décide d'entendre l'affaire, la Cour devra décider si elle renverse une décision de la Cour d'appel du Québec qui avait maintenu une interdiction d'opérations à l'égard du placement privé de 32,3 millions de bons de souscription spéciaux permettant à Mercer d'acheter des actions de Fibrek.

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