Toyota s'intéresse au Témiscamingue

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Photo Itsuo Inouye, archives Associated Press

Pour les constructeurs automobiles, les terres rares sont importants, notamment dans la production des véhicules électriques et hybrides. Sur la photo, une voiture hybride Prius de Toyota.

(Montréal) La junior québécoise Matamec Explorations (V.MAT) a conclu avec une filiale de Toyota un protocole d'entente concernant le gîte de terres rares Kipawa, au Témiscamingue. Toyota confirme ainsi son intérêt pour acheter la totalité de la production d'une éventuelle mine.

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Toyota Tsusho Corp., conglomérat industriel et commercial appartenant au géant japonais de l'automobile, entend collaborer avec Matamec pour accélérer le développement de Kipawa. Après une période de vérification diligente d'environ trois mois, Matamec et Toyota pourraient établir conjointement une entreprise dans laquelle la petite compagnie minière montréalaise détiendrait 51% des actions.

Si l'étude de faisabilité est concluante, Toyota Tsusho serait par la suite responsable du financement pour la mise en production du gisement. Toyota achèterait toute la production selon des modalités devant encore être négociées.

Monopole de la Chine

La production des terres rares est monopolisée par la Chine, qui restreint ses exportations. Les utilisateurs des autres grands pays industriels cherchent à réduire cette dépendance à la Chine et à sécuriser leur approvisionnement, ce qui a déclenché une véritable course aux terres rares. Pour les constructeurs automobiles, ces matériaux sont importants, notamment dans la production des véhicules électriques et hybrides.

Deux mines de terres rares sont entrées en production à l'extérieur de la Chine cette année, aux États-Unis et en Australie, permettant de diversifier l'offre pour les projets de terres rares dites légères. Or, ce sont les terres rares lourdes, comme le dysprosium ou le terbium, qui sont encore plus recherchées parce que plus efficaces. C'est ce que contient Kipawa.

Les négociations avec Toyota ont débuté en janvier 2010, a expliqué à La Presse Affaires le président et chef de la direction de Matamec, André Gauthier. Après une pause en mars 2010, conséquence du tsunami au Japon, elles ont repris de manière accélérée au mois d'août.

«C'est un accord financier, mais c'est aussi un accord technique», s'est réjoui M. Gauthier. Les spécialistes de Toyota et de son réseau accompagneront ceux de Matamec pour finaliser les études métallurgiques déjà avancées sur le concentré de Kipawa. Toyota veut développer le gisement en mode accéléré, avec une entrée en production espérée en 2014, selon André Gauthier.

Selon Luisa Moreno, analyste chez Jacob Securities, le développement avancé de la métallurgie et le faible coût d'investissement requis pour un petit projet de terres rares lourdes comme Kipawa expliquent sans doute ce qui a poussé Toyota vers cette entente de coentreprise avec Matamec.

Selon Jon Hykawy, de Byron Capital Markets, Toyota a jeté son dévolu sur «le gisement de terres rares lourdes le plus convaincant du marché».

M. Hykawy souligne toutefois que le protocole d'entente vise à produire un concentré mixte d'oxydes de terres rares, plutôt que la production et la vente de chacune des terres rares séparément. Cela diminuera les revenus potentiels d'au moins 40%, mais aussi les coûts d'exploitation.

Le titre de Matamec (V.MAT) a grimpé de 4 cents hier à la Bourse de croissance, pour terminer à 32 cents. Les actions de Toyota Tsusho s'échangent à la Bourse de Tokyo (8015). Sa capitalisation équivaut à 6,3 milliards CAN.

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