Junex veut investir des millions dans l'île d'Anticosti

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Le PDG de Junex Jean-Yves Lavoie.... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Photo Ivanoh Demers, La Presse

Le PDG de Junex Jean-Yves Lavoie.

Encouragée par un rapport indépendant qui confirme le potentiel pétrolier de ses permis sur l'île d'Anticosti, Junex (V.JNX) a l'intention d'investir encore plusieurs millions de dollars dans la poursuite de ses travaux d'exploration.

«Il faut aller voir», a commenté hier Jean-Yves Lavoie, président et chef de la direction de Junex, au cours d'un entretien avec La Presse Affaires, au sujet de l'évaluation réalisée par Netherland Sewell&Associates, firme du Texas spécialisée dans l'ingénierie des réservoirs.

«Nous voulions savoir s'il y avait déjà eu du pétrole et, si oui, s'il était toujours là», a résumé M. Lavoie. La firme texane a répondu par l'affirmative et estimé à 12,2 milliards de barils le pétrole que pourrait contenir le territoire couvert par les permis de Junex.

C'est 2,4 fois plus de pétrole que ce que Pétrolia et Corridor estiment avoir dans leurs propriétés voisines dans l'île, a précisé le président de Junex.

C'est assez, en tout cas, pour que Junex poursuive plus avant son investigation. «La prochaine étape nécessitera des investissements de 15 à 20 millions de dollars, a précisé Jean-Yves Lavoie.

Junex, qui a un peu d'argent à investir mais pas autant que ça, va tenter d'intéresser d'autres partenaires pour partager les coûts. Le titre de Junex a pris 13 cents hier après la publication du rapport, pour finir la journée à 83 cents.

L'entreprise de Québec détient cinq permis d'exploration dans l'île d'Anticosti, qui couvrent 233 275 acres sur une formation connue sous le nom de shale du Macasty.

Il s'agit d'une géologie semblable à celle du shale de l'Utica, dans les Basses-Terres du Saint-Laurent, mais qui contient plus de pétrole que de gaz naturel.

Ce type de pétrole est devenu accessible grâce au développement des technologies du forage horizontal et de la fracturation de la roche. Il est déjà exploité commercialement au Texas (Eagle Ford), ainsi qu'en Saskatchewan et dans le North Dakota (Bakken).

Junex, qui doit attendre le feu vert du gouvernement du Québec pour poursuivre les travaux sur ses propriétés gazières de l'Utica, s'est tournée vers ses permis de l'île d'Anticosti. «Il faut bien continuer de faire notre métier», dit son président.

Finalement, ce changement de cap s'est avéré avantageux, non seulement pour Junex mais pour beaucoup d'autres entreprises qui, à cause du prix très bas du gaz naturel, se sont tournées vers le pétrole de schiste.

C'est le cas de Chesapeake Energy, qui a publié hier des résultats de production très positifs de ses propriétés du shale de l'Utica en Ohio. Il s'agit de la même formation qui recèle le gaz de schiste du Québec, mais qui est là-bas plus riche en pétrole et en autres liquides pétroliers.

La production de pétrole et autres liquides des quatre nouveaux puits de Chesapeake en Ohio a atteint le même niveau que les meilleurs puits du gisement Eagle Ford au Texas. Cette performance a été qualifiée de «phénoménale» par l'analyste Michael Bodino, de Global Hunter Securities de Dallas, cité par Bloomberg. «Il s'agit d'un gisement qui peut être très rentable à un prix de 80$US le baril», estime l'analyste.

Le pétrole et le gaz des shale ont déjà attiré des gros acteurs comme Exxon Mobil (Utica), Marathon Oil et BHP Billiton (Eagle Ford).

 

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