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BP sonde les investisseurs
Photo: Daniel Beltra, Reuters
BP récupère en moyenne 25 000 barils (4 millions de litres) de brut par jour, selon les garde-côtes américains, alors que le puits situé à 1500 m de profondeur et à 80 km des côtes américaines crache chaque jour entre 35 000 et 60 000 barils (jusqu'à 9,5 millions de litres) de pétrole.
Agence France-Presse
La Nouvelle-Orléans
La zone dans laquelle s'affairent les ingénieurs de BP, à 80 km des côtes de Louisiane (sud des États-Unis), connaissait des vagues de «2 à 2,5 mètres» et des rafales soufflant entre «28 et 43 km/h», a indiqué à l'AFP Bryan Ferguson, un porte-parole de BP.
Du coup, la mise en place de l'Helix Producer, le troisième navire censé récupérer du pétrole au niveau de la fuite, devrait se faire «plus tard dans la semaine», a dit M. Ferguson.
BP fonde de nombreux espoirs sur le navire. Si tout se passe comme prévu, il devrait permettre de doubler le volume de pétrole récupéré chaque jour en le faisant monter à 53.000 barils de brut par jour (environ 8,5 millions de litres), alors que la fuite en dégage entre 35 000 et 60 000 (entre 5,6 millions et 9,6 millions de litres). Actuellement, BP parvient à récupérer environ 25 000 barils par jour (4 millions de litres).
Un autre bateau, le «A Whale», arrivé de Taïwan, dont la tâche va être de récupérer le mélange eau de mer-pétrole en surface, séparer les deux éléments et ne rejeter que de l'eau, est lui aussi déjà sur zone, mais «toujours en phase d'évaluation», selon M. Ferguson.
Ce géant des mers, qui a la taille de quatre terrains de football, peut pomper jusqu'à 500 000 barils (environ 80 millions de litres) par jour de mélange de brut et d'eau de mer, selon son propriétaire, TMT Shipping Offshore.
De l'autre côté de la planète, à Abou Dhabi, le directeur général de BP, Tony Hayward s'entretenait avec des investisseurs potentiels dans le but de protéger le groupe pétrolier d'un rachat.
M. Hayward «a rencontré des partenaires d'affaires clés et le personnel de BP à Abou Dhabi», a expliqué à l'AFP Sheila Williams, une porte-parole du groupe à Londres.
Depuis dimanche, la presse bruisse d'informations faisant état de la volonté de BP d'approcher des fonds souverains du Moyen-Orient pour les encourager à prendre une participation ou renforcer leur participation actuelle à son capital, afin de l'aider à résister à un éventuel assaut d'un concurrent.
La marée noire a porté un rude coup au groupe. Il a perdu la moitié de sa valeur en deux mois. Mardi, il valait 77 milliards d'euros.
D'après Dow Jones, Tony Hayward a notamment eu des entretiens avec l'influent prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Mohammad ben Zayed. Ils auraient discuté d'une possible vente de 10% des actions de BP au riche émirat pétrolier.
Mardi, BP, qui a indiqué avoir déjà dépensé 3,12 milliards de dollars pour la gestion de la catastrophe, avait assuré avoir les épaules suffisamment solides pour endosser les coûts de la marée noire sans l'aide de nouveaux actionnaires.
Plus globalement, les répercussions de la marée noire pourraient se faire fortement ressentir sur les coûts du forage en mer.
Au cours d'un séminaire près de Paris mercredi, Fatih Birol, économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a jugé que de «nouvelles règles» étaient nécessaires pour entourer le forage en mer. Mais, a-t-il fait valoir, «ces nouvelles règles vont (...) accroître le coût de la production offshore en eaux profondes».
Parmi ces nouvelles règles «en discussion» à la suite de la marée noire figure l'obligation de forer un «puits de secours» pour chaque puits foré en mer, a-t-il indiqué.
«Cela signifie que les coûts de production vont augmenter», a dit M. Birol.
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