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Secteur minier: le filon afghan
Photo Shah Marai, Agence France-Presse
Si les acheteurs se font rares dans les bijouteries de Kaboul, le ministre afghan des Mines, Wahidullah Shahrani, est confiant de voir croître le secteur minier du pays. L'Afghanistan, aux prises avec des décennies de conflits armés, aurait une grande réserve d'or, de cuivre, de fer et de pierres précieuses, notamment.
Le ministre afghan des Mines, Wahidullah Shahrani, est un homme confiant. Confiant de voir l'industrie qu'il a sous son aile se transformer, à partir de presque rien, en la plus importante du pays.
La Presse Affaires a rencontré M. Shahrani la semaine dernière au congrès de l'Association des prospecteurs et développeurs miniers du Canada, à Toronto, où il se trouvait pour attirer l'attention du monde minier sur ce qui se passe chez lui.
«Le pays est un grand réservoir de minéraux et de métaux de toutes sortes», affirme le ministre nommé en janvier dernier. Il est entre autres question d'or, de cuivre, de fer, de pierres précieuses.
Pourtant, le secteur minier est assez limité dans le pays. «L'exploitation se fait à un degré minimum, mais il faut dire que nous sommes un très jeune pays minier, explique le ministre. Le secteur est sous-exploité en raison de plusieurs décennies de conflit et d'un manque d'information géologique.» Jusqu'à tout récemment, l'information dont disposait le gouvernement datait des années 60 ou 70, au mieux du début des années 80.
Mais c'est en train de changer. Sur la base de nouvelles recherches menées par le United States Geological Survey, le président Hamid Karzaï a déclaré récemment que le pays était assis sur des réserves de pétrole et de minéraux d'une valeur de 1000 milliards.
On comprend alors pourquoi M. Shahrani évoque «beaucoup d'occasions, pour les investisseurs et pour le pays».
En fait, le gouvernement afghan veut attirer des entreprises étrangères qui exploiteront les gisements. En échange, les entreprises verseront des royautés et des taxes à l'État. Elles devront aussi construire des routes, des chemins de fer et des centrales électriques. Et créeront des emplois.
«Ce sera donc très bon pour le peuple, pour les communautés, se réjouit le ministre de 36 ans, né à Kaboul puis formé au Pakistan et au Royaume-Uni. Il y aura un grand impact pour le développement économique et social afghan.»
Des projets titanesques
En 2007, le gouvernement a accordé aux entreprises d'État chinoises China Metallurgical Group Corporation et Jiangxi Copper un contrat pour exploiter la mine Aynak. À son entrée en production, autour de 2014, elle sera l'une des plus grandes du monde. Elle contiendrait environ 11,3 millions de tonnes de cuivre. L'État, qui a cédé le terrain pour 3 milliards US, retirera des redevances annuelles de 400 millions US.
Dans environ trois mois, le gouvernement lancera un nouvel appel d'offres pour le gisement de fer Hajigak, à 100 km à l'ouest de Kaboul. Un précédent appel d'offres a été abandonné, notamment en raison de plaintes concernant le manque de transparence.
Le gisement, plus important d'Asie, contient 1,8 milliard de tonnes de ressources à environ 62% de fer. C'est particulièrement ce gisement que le ministre est venu présenter aux investisseurs et aux entreprises du Canada rassemblés à Toronto. «Notre but est d'être le plus transparent possible», a-t-il assuré.
L'Afghanistan compte aussi vendre bientôt des blocs de gaz naturel et de pétrole situés dans le nord du pays.
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