Une ligne de 2000 MW entre le Québec et New York?

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Une entreprise torontoise financée par le puissant fonds américain Blackstone... (Photo: Reuters)

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    Sylvain Larocque

Une entreprise torontoise financée par le puissant fonds américain Blackstone projette de construire une ligne de transport de 2000 mégawatts (MW) entre La Prairie, au sud de Montréal, et la ville de New York, au coût de 3,8 milliards $ US.

 La ligne proposée par la firme Transmission Developers, longue de 570 kilomètres, serait composée de deux câbles de six pouces de diamètre qui seraient en grande partie enfouis sous la rivière Richelieu, le lac Champlain et le fleuve Hudson afin d'en minimiser les impacts environnementaux. Au cours des dernières années, plusieurs projets de lignes aériennes ont avorté dans le Nord-Est des États-Unis parce que les résidants se sont opposés à la présence de pylônes.

La portion québécoise coûterait entre 400 et 500 millions $ et serait construite par Hydro-Québec TransEnergie, qui récupérerait son investissement en facturant un tarif aux utilisateurs de la ligne, a expliqué le président et chef de la direction de Transmission Developers, Donald Jessome, au cours d'un entretien téléphonique, mardi.

Même si Transmission Developers dit avoir amorcé des discussions avec la société d'État, celle-ci s'est montrée laconique face au projet.

«Hydro-Québec surveille toujours les occasions d'affaires et suit l'évolution de ce dossier», a déclaré une porte-parole de la société d'État, Arianne Connor, par courriel.

Les pourparlers sont toutefois plus avancés avec Nalcor, la société énergétique de Terre-Neuve-et-Labrador, qui souhaite vendre l'électricité du futur complexe du Bas-Churchill aux Américains en utilisant le réseau de TransEnergie.

Or, Hydro-Québec s'est opposée à cette requête, prétendant qu'il n'y avait pas suffisamment de place disponible sur son réseau pour accommoder Nalcor. La Régie de l'énergie du Québec a entendu le litige récemment et doit rendre son verdict plus tard cette année.

«Nous croyons que le réseau d'Hydro-Québec est très robuste et doté d'une grande capacité, a commenté M. Jessome. (...) Nous demeurons très optimistes à l'effet que les deux parties pourront résoudre le problème et que (Nalcor) pourra se servir du réseau québécois.»

Transmission Developers s'apprête d'ailleurs à déposer une demande de service de transport auprès de TransEnergie. L'entreprise devra également obtenir le feu vert de plusieurs autorités réglementaires américaines.

Autre projet

L'initiative de Transmission Developers, dont la mise en service est prévue en 2015, fait concurrence à un autre projet de ligne de transport lancé en 2008 par Hydro-Québec et deux fournisseurs d'énergie américains, NStar et Northeast Utilities (NU), qui a reçu un accueil favorable de l'organisme réglementaire américain, la Federal Energy Regulatory Commission. Il s'agit d'une ligne de 1200 MW qui relierait les Cantons-de-l'Est au New Hampshire et qui doit entrer en service en 2014.

Donald Jessome croit que le marché est assez grand pour deux nouvelles lignes Québec-États-Unis, voire davantage. Outre le projet du Bas-Churchill de Nalcor, Hydro-Québec construit actuellement le complexe hydroélectrique Eastmain-1-A-Sarcelle-Rupert, qui doit entrer en service en 2011-2012, et celui de La Romaine, dont les premiers kilowatts doivent être produits en 2014.

Transmission Developers laisse par ailleurs entendre que son projet est supérieur à celui d'Hydro, de NStar et de NU.

«Les lignes de transport enfouies présentent moins le problème du «pas dans ma cour» que les pylônes», a relevé M. Jessome. De plus, le projet de Transmission Developers se rend directement à New York, alors que celui d'Hydro-Québec s'arrête au New Hampshire, plus loin des grands marchés.

La firme torontoise a déjà déposé une demande pour obtenir des garanties de prêt dans le cadre d'un programme de relance économique de Washington destiné à améliorer le réseau électrique américain. Si le projet était approuvé, les garanties de prêts pourraient couvrir jusqu'à 80% de la facture de 3,8 milliards $ US.

Transmission Developers travaille également à un projet de ligne de 1000 MW qui relierait le Maine à Boston en passant sous l'océan Atlantique.

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