Privatisation d'Hydro-Québec: Claude Garcia s'explique

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Vue aérienne du barrage Manic 5

(Montréal) Claude Garcia est un apôtre reconnu de la privatisation d'Hydro-Québec. Dans une conférence de presse courue hier à Montréal, il est revenu à la charge, soutenant qu'un tel projet permettrait «d'enrichir les Québécois de 10 milliards par an». Voici un condensé de ce qu'a à dire l'ancien patron de la Standard Life.

Q Vous revenez à la charge en faveur de la privatisation d'Hydro-Québec. Pourquoi cette obstination?

R Je fais ça pour les jeunes du Québec. À 64 ans, je ne fais pas ça pour moi. Je fais ça parce je suis profondément troublé par le grand nombre de jeunes qui quittent le Québec. Parce qu'on a une société qui doit se remettre en question. Pourquoi Hydro-Québec? Pas seulement Hydro-Québec. Je travaille sur autre chose, encore dans le secteur public

 

Q À combien estimez-vous la valeur d'Hydro-Québec?

R J'ai déjà proposé d'augmenter les tarifs au niveau du marché avant la privatisation, ce qui donnait une valeur de 130 milliards à Hydro-Québec. Aujourd'hui, je pense qu'il serait mieux de privatiser avant d'augmenter les tarifs, quitte à obtenir une valeur moindre. Il sera moins difficile à une entreprise privée d'augmenter ses tarifs. La valeur probable de l'avoir propre d'Hydro-Québec serait alors de 18,7 milliards. Cette somme ne permettra pas d'effacer la dette du Québec.

Q Cette fois, vous proposez que la vente des actions de la société sur le marché se fasse en deux étapes. Pourquoi?

R Il est peu probable que l'on puisse, dans un premier appel public à l'épargne, obtenir une somme aussi considérable (que 18,7 milliards). Aujourd'hui, ce n'est pas le meilleur moment, mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas une bonne idée de le faire. Des crises économiques et des récessions, il y en a en toujours eu et il y en aura toujours. Normalement, une crise économique est suivie par une reprise.

Q Selon vous, les Québécois paieraient l'électricité plus cher, mais seraient plus riches une fois Hydro-Québec privatisée. Comment?

R Dans mon hypothèse, les tarifs d'électricité augmenteraient sur une période de 10 ans, de 6,7 cents le kilowattheure à 11,4 cents le kilowattheure, soit le niveau qui prévaut aujourd'hui à Toronto. Le consommateur qui ne fait pas d'effort pour réduire sa consommation verra son compte d'électricité augmenter de 4,15$ par mois chaque année pendant les 10 années de la période de transition (vers les prix du marché). Je propose que tous les clients d'Hydro-Québec reçoivent gratuitement 110 actions d'une valeur de 9,36$ chacune afin de compenser pour cette hausse de tarif. Ils recevront des dividendes sur leurs actions et ces actions augmenteront de valeur, ce qui pourrait compenser entièrement l'augmentation des tarifs. On peut penser aussi qu'ils profiteront d'une augmentation générale des finances publiques en raison de la privatisation d'Hydro-Québec. Et si Hydro est plus compétitive, la société québécoise va être plus compétitive et la société québécoise va être plus riche. En ce moment, on est à la queue de la richesse en Amérique du Nord. Moi, je veux qu'on devienne dans les meilleurs.

Q Est-ce qu'il serait possible de rendre Hydro plus efficace et plus rentable sans la privatiser ou en la privatisant partiellement, comme l'a déjà proposé Mario Dumont?

R Non, parce qu'il faut changer les comportements. Une privatisation partielle ne change pas les comportements. Quand vous êtes une société publique (inscrite à la Bourse), il y a des dizaines d'analystes qui font le travail que je fais aujourd'hui avec Hydro, pour les rendre plus efficaces. Hydro n'a pas cette pression-là aujourd'hui. La question est: pourquoi l'État se mêle-t-il de produire de l'électricité?

 

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