Rachat des Giorgio et Steak Frites St-Paul: MTY a coiffé les franchisés

MTY devient le franchiseur des bannières Giorgio et... (Photo André Pichette, La Presse)

Agrandir

MTY devient le franchiseur des bannières Giorgio et Steak Frites St-Paul en payant aussi peu que 330 000 $.

Photo André Pichette, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Le roi des coins gourmands des centres commerciaux, MTY ajoute les bannières Giorgio et Steak Frites St-Paul à un portefeuille bien garni. La société de Stanley Ma a battu au fil d'arrivée les franchisés qui rêvaient de racheter les marques de commerce. Amèrement déçus, ceux-ci sont néanmoins prêts à collaborer avec le nouveau franchiseur.

MTY devient le franchiseur des bannières Giorgio et Steak Frites St-Paul en payant aussi peu que 330 000 $. 

Le prix correspond à 72,45% de la valeur comptable de l'actif. Le réseau compte six Giorgio et neuf Steak Frites, tous des restaurants franchisés. Il s'agit de deux chaînes de la catégorie «apportez votre vin», créneau inoccupé jusqu'ici par MTY.

«C'est l'avenir qu'il nous dira si c'est un bon prix ou pas, répond Éric Lefebvre, chef de la direction financière de MTY. La vente est passée par un syndic dans le cadre d'un avis de proposition aux créanciers. Ce n'est pas un processus normal d'achat. Le but premier, maintenant, c'est de stabiliser le réseau, de rétablir la confiance des franchisés envers le franchiseur et de relancer la machine», précise-t-il. 

Selon ses dires, certains établissements fonctionnent encore très bien. D'autres ont plus de difficultés. Les ventes du réseau ne sont toutefois plus reportées au franchiseur depuis octobre 2016, soit depuis que le franchiseur d'alors, George Despatie, a cessé l'appui aux franchisés. 

L'offre d'achat de MTY, qui s'est donc fait dans le cadre d'un avis d'intention de faire une proposition aux créanciers, a été contestée sans succès en Cour par les franchisés qui étaient prêts à allonger 450 000 $ et même beaucoup plus pour racheter les marques de commerce.

«On va laisser la chance à MTY»

«C'est triste, mais c'est le monde des affaires, dit au téléphone Philippe Cotton, franchisé Giorgio de Boucherville. On voulait se porter acquéreur des marques de commerce. Quand on s'est investi pendant des années, on pense que ça devait nous revenir. C'est nous qui les connaissons mieux. Mais, on va laisser la chance à MTY. Ce n'est pas la faute de MTY ce qui se passe là. M. Despatie [en octobre dernier] avait été clair qu'il voulait faire la suite avec ses franchisés. Il en a décidé autrement.»

«Au final, la conclusion, on s'est fait royalement f...», dit, plus brutalement, un autre franchisé, sous le couvert de l'anonymat. 

En octobre 2016, La Presse avait annoncé que le franchiseur des Giorgio, George Despatie, faisait ses adieux à la restauration. Il avait fermé ses quatre derniers restaurants d'entreprise le 30 septembre précédent. Il disait discuter avec ses franchisés dans le but de les «rendre plus autonomes».

Ceux-ci en avaient compris que M. Despatie voulait leur céder les marques de commerce. Des discussions en ce sens ont duré des mois sans aboutir. Une des pierres d'achoppement était le contrat de service à long terme auquel tenait M. Despatie. 

Moins de 400 $ en banque

À court de liquidités, toutefois, le franchiseur, appartenant à M. Despatie, a dû se résoudre de déposer un avis de proposition en vertu de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité le 13 avril dernier. Le 5 mai, il restait 343 $ dans le compte de banque du franchiseur, selon Stéphane Lachance, représentant du syndic Demers Beaulne. 

En parallèle aux discussions avec les franchisés, M. Despatie négociait avec MTY. Son offre d'achat de 330 000 $, plus les taxes, a été avalisée par le tribunal le 5 mai. MTY retient en outre les services de M. Despatie pour un an, moyennant des honoraires de 120 000 $.

Les franchisés, qui s'étaient adressés au tribunal pour bloquer la vente et leur permettre de soumissionner à nouveau, se sont manifestés trop tard, a tranché la Cour. 

«Il ne revient pas au Tribunal de leur donner une deuxième chance, en leur permettant de soumissionner à nouveau pour l'achat des actifs», écrit le juge Louis Gouin dans sa décision.

La chaîne Giorgio a connu ses heures de gloire dans les années 80 et 90. En 1995, on dénombrait pas moins de 30 établissements Giorgio. Le chiffre d'affaires dépassait alors les 30 millions. Seulement en 2016, 7 restaurants ont fermé, portant le total des fermetures à 13 restaurants au cours des 30 derniers mois.




publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer