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Commerce de détail: vers la création d'un Centre d'intelligence

« Le commerce de détail est vraiment frappé de... (Photo David Boily, La Presse)

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« Le commerce de détail est vraiment frappé de plein fouet avec ce qui passe du point de vue numérique. Ce sont des porte-étendard extraordinaires, mais encore faut-il qu'ils soient capables de déployer leurs ailes », a déclaré hier la ministre Dominique Anglade, rappelant que ce « secteur névralgique » emploie 500 000 personnes dans la province.

Photo David Boily, La Presse

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Le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) travaille à la création d'un « Centre d'intelligence » ayant pignon sur rue pour faire circuler l'expertise dans tous les aspects de la vente au détail, notamment le commerce électronique. Des échanges ont déjà eu lieu à ce sujet avec le gouvernement du Québec.

« Ça prend un hub, un endroit où on peut se référer. Il faut faire accélérer la croissance des détaillants. Il faut créer une communauté numérique. Le CQCD est un OSBL [organisme sans but lucratif] capable de rassembler à une même table des concurrents », a fait valoir le PDG de l'association, Léopold Turgeon, lors d'un entretien avec La Presse.

Le dirigeant souhaite rassembler au Centre d'intelligence les établissements d'enseignement, des acteurs du secteur immobilier, des start-up, le CEFRIO et, évidemment, des détaillants. 

Il espère que le Centre sera prêt en 2017 ou 2018. « Il faut que ce soit plus tôt que tard. Ça sert à quoi d'attendre ? »

Il rappelle que si les détaillants du Québec augmentaient leurs ventes de 1 milliard de dollars - ce qui est « très plausible » - quelque 4000 emplois seraient créés. Le numérique peut grandement faciliter l'atteinte de cet objectif, dit-il, car il permet aux entreprises de vendre partout dans le monde.

3000 PETITS COMMERÇANTS ACCOMPAGNÉS

On a par ailleurs appris, hier matin, que le CQCD avait été choisi par Québec pour aider 3000 petits détaillants à vendre en ligne dans le cadre de son Plan d'action en économie numérique dévoilé en mai. L'expertise du CEFRIO sera également mise à contribution.

Pour réaliser son mandat, le CQCD prévoit embaucher une douzaine d'experts pour sillonner le Québec et accompagner les entreprises dans leur virage.

La ministre responsable de la Stratégie numérique, Dominique Anglade, en a fait l'annonce lors de l'événement eCommerce-Québec qui a attiré plus de 1000 participants à Montréal.

« Aujourd'hui, c'est le temps de passer à l'action. Ce que je dis, c'est qu'on est prêts à travailler avec le CQCD. On va mettre en place un programme. »

- Dominique Anglade, ministre responsable de la Stratégie numérique

L'élue a indiqué à La Presse avoir été convaincue de l'importance d'aider le secteur du détail en voyant « la soif de dépassement et de croissance » des petites entreprises qu'elle a rencontrées. « On a des gens qui veulent, on est capables de les accompagner. Pourquoi on ne le fait pas ? On a juste à le faire, à prendre le taureau par les cornes et à la faire ! »

La somme qu'elle attribuera ne serait pas encore déterminée. Mais Québec a déjà précisé que le volet « accompagnement par des équipes spécialisées » de son Plan serait assorti d'une enveloppe de 20 millions de dollars « dont une partie est réservée au secteur du commerce de détail ». Au total, le Plan d'action en économie numérique bénéficie d'un budget de 200 millions de dollars.

Le CQCD convient « qu'il faut un montant substantiel » pour que le programme puisse porter ses fruits, mais refuse de dévoiler ses attentes. Peu importe la somme, Léopold Turgeon se réjouit de cette « grosse grosse ouverture » du gouvernement, qui a été peu enclin ces dernières décennies à aider concrètement le secteur, selon lui.

LA MOITIÉ DES SITES INEFFICACES

Les détails du programme d'aide devront être déterminés au cours des prochaines semaines lors de rencontres avec le CQCD et le CEFRIO, avant d'être officiellement mis sur pied.

« Ça s'adresse aux 25 000 petits détaillants qui ont 50 employés ou moins. Ils ont besoin d'accompagnement. C'est bien beau avoir un site transactionnel, mais 50 % [des détaillants qui en ont un] ne vendent pas. C'est sur l'aspect commercialisation qu'il faut les aider. On va avoir une escouade sur la route qui va parcourir le Québec et faire des diagnostics. »

Cet accompagnement n'est que la première phase d'un vaste projet qui inclut notamment la création d'un Centre d'intelligence, précise Léopold Turgeon.

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