Val-David, le village préservé

La rue de l'Église à Val-David accueille résidants... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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La rue de l'Église à Val-David accueille résidants autant que touristes, plaisanciers et sportifs.

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Des locaux vacants rue de l'Église ? Une rareté ! Ils ne sautent pas aux yeux comme ceux qui foisonnent dans nombre d'artères urbaines et villageoises, témoignant ainsi du déclin de leur activité commerciale.

La piste Le P’tit Train du Nord... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse) - image 1.0

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La piste Le P’tit Train du Nord

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Le Mouton noir, 2301, rue de l’Église, Val-David... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse) - image 1.1

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Le Mouton noir, 2301, rue de l’Église, Val-David

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Cette rue de Val-David doit faire des jaloux, alors que la quiétude règne dans les commerces d'autres localités des Laurentides. « Le samedi, c'est fou ici ! lance le souffleur de verre Jonathan Léon. C'est le Plateau Mont-Royal des Laurentides ! »

« Même les maisons s'y vendent vite ! note la mairesse Nicole Davidson. Val-David est attirante, car il y a de la vie et un intérêt des gens pour leur village. On a trouvé notre identité. C'est un petit miracle dans les Laurentides ! Les commerces ne vivent pas que pour les touristes. La population s'approprie les restos et les commerces. »

Une rue qui bouge

De la rivière du Nord, près de la route 117, à la piste Le P'tit Train du Nord où défilent les randonneurs à vélo (une distance avoisinant les 800 m), la rue de l'Église accueille résidants autant que touristes, plaisanciers et sportifs. La grande épicerie et la pharmacie qui servent les Val-Davidois sont ceinturées de bons restaurants (L'Épicurieux, Le Baril roulant), d'ateliers d'artisans, d'un joli magasin général, de boutiques de location de kayaks et vélos et d'autres curiosités. « La rue est en développement, remarque Sarah Mannarino, directrice du Magasin général. Les commerçants sont actifs. Ça bouge et ça se renouvelle ! C'est agréable d'avoir ce genre de vie ici. »

Elle salue les efforts de la municipalité pour appuyer les commerçants. « C'est encouragé d'avoir de beaux magasins et un bel espace, ajoute Mme Mannarino. La Ville entretient la rue et a refait les trottoirs au printemps. On a de très beaux parterres de fleurs. »

Le Magasin général débordait de visiteurs lors de notre passage, un mardi après-midi. « Val-David est une destination prisée pendant les vacances », note Sarah Mannarino.

Le village de 4700 habitants offre aussi aux commerçants autant qu'à ses résidants les services d'un organisme pour les guider lorsque vient le temps de refaire une façade ou de l'affichage. « Cette rue s'est beaucoup développée, note Annie Riendeau, copropriétaire du resto Le Mouton noir. On y trouve de plus en plus de commerces divers. »

« C'est un beau village dynamique que de plus en plus de gens viennent visiter. Mais il faut préserver ce coeur villageois. »

« La rue doit rester conviviale, renchérit Nicole Davidson. On souhaite de petits commerces, autant que possible. »

Les maisons et nouveaux condos qui se mêlent aux commerces renforcent le caractère villageois des lieux. Le fait que plusieurs retraités habitent à quelques pas de leur boutique ou resto favoris motive la municipalité à conserver dans un même lieu des fonctions résidentielles et commerciales. « Cette mixité sur cette rue est nécessaire, car on veut densifier le périmètre urbain », estime Nicole Davidson.

Les citoyens en priorité

Lorsqu'on demande à la mairesse de donner un ordre de priorité aux groupes qu'elle souhaite servir, elle répond : les citoyens en premier lieu. « Car ils doivent fréquenter la rue de l'Église, explique-t-elle. Puis, si on conserve un environnement qui plaît aux touristes, les commerçants vont en bénéficier. Je veux d'ailleurs qu'on soit encore plus à l'écoute des besoins des commerçants qui trouvent parfois nos règles strictes. Mais on est tellement dans un milieu créatif, à cause de la présence de nombreux artisans, qu'il faut innover et être proactif ! »

En attendant, celui qui vient visiter la rue de l'Église y voit un endroit ardent. En période estivale, la rue est occupée, notamment grâce aux marchés d'été et aux événements d'artisanat tels que 1001 pots. « On pourrait toutefois améliorer son accès aux cyclistes, admet Nicole Davidson. Pour les enfants qui se rendent à l'école en haut de la côte et les familles. Dans notre planification urbanistique, on pense à la façon d'amener la piste cyclable dans le coeur du village. »

Commerces

Le Mouton noir, 2301, rue de l'Église, Val-David

Il y a 11 ans, le couple formé d'Annie Riendeau et Éric Lemieux ouvrait un café aux banquettes et divans plus confos qu'esthétiques, pour bien manger et écouter de la musique. Dans ce resto relax bordant la rivière du Nord, on peut venir entendre un Fred Fortin chanter ou suivre des cours de danse. Mais avant tout, on y engouffre des burgers, de copieuses poutines qui portent les noms de Schtroumpfette, Biquette et Rafraîchissante ou des plats exotiques concoctés par la cuisinière réunionnaise du Mouton. L'expérience est multiple.

C'Jöli, 2434, rue de l'Église, Val-David

Une coquetterie? Chez C'Jöli, on dispose les vêtements d'abord par couleur. «Je fais la même chose dans ma penderie, confie la propriétaire Nathalie Gallo. J'ai tellement de morceaux différents qu'autrement, ç'aurait l'air d'un bazar ici.» Depuis quatre ans, chandails, robes et pantalons (échantillons, excédents de stock ou de l'usagé porté qu'une fois) y sont exposés à des prix défiant toute concurrence. «Je n'ai pas le choix avec les Walmart autour, admet celle qui est aussi couturière. Je veux offrir de la très bonne qualité à bon prix.»

Kinya Ishikawa boutique-galerie, 2435, rue de l'Église, Val-David (1001)

Voilà une belle façon d'égayer une propriété! Depuis 28 ans, le couple Kinya Ishikawa et Marie-Andrée Benoit destine sa magnifique cour à la production d'une centaine de céramistes. Leurs bols, pots, tasses et plats, qu'on peut admirer et acheter, sont à la fois utilitaires et décoratifs. L'événement 1001 attire plus de 20 000 visiteurs annuellement qui peuvent aussi s'arrêter dans un salon de thé, des jardins ceinturés d'objets brisés savamment disposés ou suivre un atelier dans un lieu paisible et sacré. La célébration se termine ce dimanche.

Les Étains Chaudron pewter, 2347, rue de l'Église, Val-David

Chez les Chaudron, on travaille l'étain depuis des décennies. Le fils Antoine tient boutique depuis 20 ans. «Je suis un irréductible Gaulois qui veut fabriquer ici», dit-il. Coqs, porte-couteaux, chandeliers et surtout lampes à l'huile de diverses tailles et formes brillent dans son nouvel atelier-boutique aménagé en juin. «C'est un bel objet fonctionnel et apprécié, note Antoine Chaudron. On est un peu suréclairé dans les maisons...» L'artisan fait aussi de la place aux bijoux d'Anne-Marie Chagnon, aux pantoufles Garneau et aux toutous Cate & Levi sous son toit.

Lolipop verre soufflé, 2354, rue de l'Église, Val-David

Tout l'été, dans son atelier-boutique, Jonathan Léon souffle du verre au chalumeau sous le regard des clients. On comprend et apprécie mieux ce qu'on achète ensuite. La particularité de ses bracelets, chaînes, boutons de manchette et médaillons de ceinture sertis de verre concassé coloré? La matière utilisée, soit du verre borosilicate «rarement utilisé dans les métiers d'art et qui permet de confectionner des bijoux plus légers et plus résistants», au dire de l'artiste formé «par un souffleur scientifique qui oeuvrait au laboratoire Roche en Suisse.»

Magasin général Val-David, 2475, rue de l'Église, Val-David

La façade du Magasin général, tenu par les propriétaires de Zone et V de V à Montréal, donne du lustre à la rue! Mais c'est surtout l'intérieur qui fait sautiller nos pupilles. Que de beaux objets pour l'art de la table à portée de main! Des produits d'épicerie fine et des objets déco se proposent en cadeaux. Au fond du bric-à-brac étudié se trouve aussi un bistro qui accueille des habitués. «On veut offrir une expérience assez complète et donner beaucoup d'émotions aux gens, explique la directrice Sarah Mannarino. Il y a quelque chose de nostalgique ici.»

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