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Vente au détail: une autre année éprouvante en vue

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La compétition internationale et les événements comme le Vendredi fou rognent les marges de profit, estime Léopold Turgeon, PDG du Conseil québécois du commerce de détail.

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Déjà « fragilisés » par l'année 2015, les détaillants continueront de voguer en eau trouble au cours des prochains mois. Les ventes n'ont augmenté que de 0,9 % au Québec l'an dernier, l'une des deux pires performances de la dernière décennie. Et 2016 ne s'annonce guère mieux. Bilan d'une année difficile et perspectives pour celle qui commence.

L'ESSENCE, UN SAUVEUR !

La dernière année a été corsée pour les détaillants. Mais la situation aurait pu être bien pire si le prix de l'essence n'avait pas dégringolé. L'argent économisé par les consommateurs aux stations-service a pour ainsi dire sauvé le secteur du détail.

« Heureusement qu'on a eu ça, parce que 2,6 milliards de plus dans les poches des consommateurs, ce n'est pas rien. Ça leur a donné de la marge de manoeuvre », a reconnu Léopold Turgeon, PDG du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), au cours d'une rencontre avec La Presse pour discuter de son bilan 2015 qui sera dévoilé aujourd'hui.

L'ALBERTA SOUS-PERFORME

L'an dernier, les ventes* ont atteint 109,1 milliards au Québec, calcule le Groupe Altus, qui a rédigé l'étude. Au Canada, les consommateurs ont dépensé 515,7 milliards, soit un bond de 2,1 %. Il faut dire que le revenu disponible par habitant y est plus élevé (31 288 $) qu'au Québec (26 791 $).

Les deux provinces ayant essuyé les reculs les plus marqués sont l'Alberta (-3,5 %) et la Saskatchewan (-3,1 %). La meilleure performance a été enregistrée en Colombie-Britannique (+ 6,7 %).

PROFITS EN BAISSE

Selon le CQCD, les détaillants sont « nettement fragilisés » en ce moment. Pourquoi ?

« Il y a plus de promotions, plus de compétition internationale, plus d'événements dans lesquels ils n'ont pas le choix d'embarquer comme le Vendredi fou et le Cyberlundi. Ça réduit les marges de profit », répond Léopold Turgeon.

La dégringolade du dollar canadien, qui fait grimper le coût d'acquisition des marchandises, et l'augmentation récente du salaire minimum sont d'autres facteurs qui précarisent les bilans financiers.

LE TRANSPORT COÛTE CHER

On le sait, les déplacements en auto grugent une grosse partie du budget des familles. Pas moins de 25,5 % des ventes au détail (28 milliards) ont été encaissées par les concessionnaires automobiles et les détaillants de pièces, en 2015. Quand on y ajoute les 11 milliards consacrés à l'achat d'essence, c'est pas moins de 35,7 % des dépenses des Québécois qui sont consacrées à leur transport personnel.

HAUSSES DE PRIX EN VUE

Les consommateurs doivent s'attendre à ce que les prix augmentent au cours des prochains mois. Jusqu'ici, les détaillants ont assez peu refilé leurs hausses de coûts aux clients (provoquées par la faiblesse du dollar), mais cela est insoutenable à long terme. Marie-Claude Frigon, associée chez Richter, prévoit aussi des fermetures de magasins et des restructurations (judiciaires ou non) d'entreprises.

1 %

Augmentation prévue des ventes en 2016 au Québec, selon le CQCD. Une faible croissance qui forcera les détaillants à « être créatifs ».

(*) Pour son étude, le Groupe Altus a extrapolé les données de décembre, car celles-ci n'ont pas encore été dévoilées par Statistique Canada.

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