Jean Coutu effectue des mises à pied dans son entrepôt de Hawkesbury

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Le Groupe Jean Coutu a indiqué que les gens de Hawkesbury auraient la priorité pour d'éventuelles relocalisations, mais celles-ci demeurent inconnues pour l'instant.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

La construction du nouveau siège social et des installations d'entreposage du Groupe Jean Coutu, à Varennes en Montérégie, se traduira par la perte de 127 des 137 emplois syndiqués à son entrepôt de Hawkesbury, en Ontario, à la frontière québécoise.

Bien que l'entreprise ait construit l'entrepôt de Hawkesbury il y a à peine dix ans, en 2005, celui-ci ne peut répondre aux besoins du Groupe Jean Coutu en matière de distribution de cosmétiques, une activité qui sera transférée à Varennes.

«Quand l'entrepôt de Hawkesbury a été bâti, il était conçu pour remplir des commandes à la caisse. Une caisse de shampoing, une caisse de bouteilles de Tylenol, etc., donc, conçu pour prendre des boîtes et les mettre sur des palettes», a expliqué le représentant du Syndicat des Métallos, Richard Leblanc, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Or, les pharmacies préfèrent maintenir des inventaires réduits de produits cosmétiques et privilégient des commandes plus fréquentes de produits à la pièce plutôt qu'à la caisse.

«Ce qu'on fait avec Hawkesbury, c'est qu'on en revoit la vocation, a indiqué à La Presse Canadienne Hélène Bisson, vice-présidente aux communications du Groupe Jean Coutu. On va commencer bientôt à transférer les produits de la catégorie cosmétiques à l'entrepôt de Varennes.»

Les nouvelles installations de Varennes, dont une importante portion est automatisée, sont en mesure de remplir ces commandes mécaniquement, alors qu'elles devaient être faites à la main à Hawkesbury.

«À Varennes, ils ont bâti un entrepôt qui est fortement robotisé. Les employés ouvrent les caisses et entreposent les produits individuellement, et les commandes sont préparées mécaniquement par convoyeur», a indiqué M. Leblanc.

L'ensemble des gammes de produits qui sont commandés à l'unité ont d'ailleurs été transférées aux installations de Varennes pour cette raison.

«Pour répondre à la demande de cette manière, il faut transformer l'entrepôt. De la robotique de cette envergure, ça demande beaucoup d'espace - les entrepôts d'aujourd'hui sont beaucoup plus gros pour cette raison - et Hawkesbury n'était pas capable d'accommoder ça», a précisé M. Leblanc.

Le Groupe Jean Coutu ne ferme toutefois pas les livres sur l'entrepôt ontarien.

«C'est possible qu'on entre d'autres catégories aussi. Nous sommes en train de revoir la vocation de Hawkesbury pour y entrer d'autres lignes. Il en est toujours question», a insisté Mme Bisson, qui parle de transition et qui ajoute qu'il n'est aucunement question de fermer cet entrepôt.

Elle reconnaît, toutefois, que jusqu'à nouvel ordre, l'entrepôt se spécialisera dans les produits saisonniers et les produits d'importation.

La dizaine d'employés qui seront retenus devraient être en mesure de traiter les commandes à la caisse à eux seuls.

Un autre groupe de 10 à 15 employés sera requis pour un maigre total de 12 à 15 semaines par année afin de répondre aux demandes plus fortes de produits saisonniers non récurrents qui surviennent avant Noël, la Saint-Valentin ou le retour à l'école, par exemple.

Richard Leblanc n'est toutefois guère optimiste face à cette approche.

«Je ne suis pas sûr que c'est un modèle d'affaires qui va marcher, de compter sur des gens pour seulement 12 à 15 semaines par année. Une fois les timbres de chômage expirés, ils n'en auront même pas assez pour se qualifier par la suite», a-t-il fait valoir.

Une rencontre est prévue ce mercredi avec l'employeur, Manutention DB, qui gère l'entrepôt en sous-traitance pour le Groupe Jean Coutu, afin de discuter de primes de départ et du processus de mise à pied. Le Groupe Jean Coutu a déjà indiqué que les employés de Hawkesbury auraient la priorité pour d'éventuelles relocalisations, mais celles-ci demeurent une inconnue pour l'instant.

Les mises à pied doivent commencer le 11 mars et s'étaler sur une période de deux mois au rythme de 10 à 15 par semaine.

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