Frénésie et frustrations du Vendredi fou

Une cliente consulte les soldes dans un magasin... (Photo David Boily, La Presse)

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Une cliente consulte les soldes dans un magasin d'électroniques, vendredi, à Montréal.

Photo David Boily, La Presse

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Comme il fallait s'y attendre, des millions d'Américains ont envahi les magasins, hier, pour profiter des nombreux rabais offerts. De ce côté-ci de la frontière, les détaillants s'attendaient à faire de bonnes affaires grâce à la faiblesse du dollar canadien.

Best Buy frustre les internautes

Le Vendredi fou a mal commencé pour Best Buy, l'un des détaillants qui misent le plus sur cet événement pour attirer les consommateurs. Une défectuosité de son site web a empêché les internautes de profiter des rabais en vigueur dès minuit, jeudi soir.

«Le site et les produits étaient prêts, mais il y a eu un problème technique qui a fait que c'était impossible pour tout le monde de passer à la caisse», explique Thierry Lopez, directeur marketing et affaires corporatives, Québec, de Best Buy.

«J'ai acheté chez Walmart. Même prix et un site fonctionnel», a écrit un internaute sur Twitter.

«Best Buy Canada, vous êtes une entreprise de vente en ligne spécialisée en technologie, non? Cette vente démontre que vous êtes dans le mauvais secteur», a écrit un autre client.

Rapidement, Best Buy Canada a indiqué sur son site que son équipe travaillait à résoudre le problème. Avant le lever du soleil, le site était rétabli.

«Nous avons un autre gros solde qui va commencer dimanche soir pour le cyberlundi. Nos équipes travaillent pour que ça ne se reproduise», précise Thierry Lopez.

Des rabais partout partout

Les détaillants d'électronique et les grandes surfaces américaines ne sont plus les seuls à offrir des rabais pendant le Vendredi fou. Plusieurs autres types d'entreprises ont décidé de profiter de cette tradition américaine.

VIA Rail proposait des allers simples Montréal-Québec à 28$, entre autres. Du côté d'Air Transat, plusieurs destinations soleil étaient soldées.

«Le Vendredi fou se déplace chez vous», indiquait le studio de photographie Magenta dans une promotion envoyée par courriel à ses clients.

Certaines épiceries Loblaws vendaient des téléviseurs et des ordinateurs portables au rabais. L'enseigne Maxi&Cie proposait pour sa part 25% de rabais sur les grille-pain, les cafetières et autres petits appareils électriques.

La SAQ offrait jusqu'à 20% de rabais sur certaines bouteilles. Pharmaprix offrait plus de points Optimum à l'achat de cosmétiques. Il était même possible d'économiser à l'achat d'une voiture.

Le huard à la rescousse

Profiter des soldes du Vendredi fou sur Amazon.com? C'était beaucoup moins intéressant hier pour les Canadiens que par les années passées. Rien à voir avec les rabais offerts. C'est plutôt la faiblesse du dollar canadien par rapport au billet vert qui est en cause.

Un sondage Léger pour le compte d'UPS Canada révèle que comparativement à l'an dernier, le nombre de Canadiens susceptibles d'acheter des marchandises aux États-Unis lors de l'Action de grâce américaine, que ce soit en ligne ou en traversant la frontière, a chuté de 22%.

Les détaillants remarquent d'ailleurs une hausse de l'achalandage dans leurs commerces, indique le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD). Cela était vrai hier. Mais ce fut également vrai toute l'année.

«Plusieurs sondages démontrent que moins de Canadiens prévoient aller physiquement aux États-Unis cette année. De plus, plusieurs Canadiens perçoivent qu'il y a de vrais rabais à faire au Canada comparativement aux années passées. Un taux de change à 1,33 devient un facteur important dans l'équation», rapporte Marie-Claude Frigon, associée chez Richter et experte du secteur de la vente au détail.

Frénésie américaine

Le Super Bowl du magasinage, comme on l'appelle aux États-Unis, a encore une fois été très populaire auprès des consommateurs. La National Retail Federation estime qu'environ 99,7 millions de personnes ont fait des achats hier.

Pour répondre à la demande, certains magasins ont étendu leurs heures d'ouverture. Ce fut le cas d'Old Navy, qui a ouvert pendant 32 heures consécutives, à partir de 16h jeudi. La folie a aussi atteint les boutiques de marijuana au Colorado, qui ont soldé les joints et offert divers cadeaux avec achat.

Comme il se doit, les stations de télévision ont diffusé des images de personnes faisant la file dans l'espoir de mettre la main sur un article en solde. Mais avec la popularité du web, plusieurs consommateurs ont préféré éviter la cohue. Ce phénomène aurait d'ailleurs contribué à diminuer le nombre d'incidents violents, selon certains médias.

Il faudra attendre le dévoilement des chiffres de ventes - en magasin et sur le web - pour mesurer l'impact de l'internet sur les habitudes de consommation.

Les Britanniques préfèrent le web

Pas de scènes d'émeute dans les magasins comme en 2014: au Royaume-Uni, la frénésie du Vendredi fou s'est matérialisée cette année sur l'internet, au point de faire disjoncter plusieurs sites marchands.

La plupart des enseignes, à l'image des grands magasins John Lewis et Debenhams dans Oxford Street, avaient renforcé leur personnel et musclé la sécurité aux portes. L'année dernière, les images de hordes déchaînées s'arrachant un téléviseur en promotion avaient tenu en haleine les chaînes d'informations en continu pendant toute une journée, comme aux États-Unis.

Mais rien de tel cette fois, avec seulement quelques files d'attente très disciplinées, faisant dire à Bryan Roberts, analyste à Kantar Retail, que le Vendredi fou version 2015 avait «des allures de pétard mouillé».

En fait, la frénésie d'achat semble s'être déportée sur l'internet.

-  avec AFP

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