Wal-Mart augmente le salaire minimum d'un demi-million d'employés aux É.-U.

De vastes mouvements de protestation avaient eu lieu... (PHOTO ANDREW NELLES, ARCHIVES REUTERS)

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De vastes mouvements de protestation avaient eu lieu aux États-Unis l'automne dernier pour demander une hausse des salaires.

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Luc OLINGA
Agence France-Presse
NEW YORK

En plein débat sur la flambée des inégalités sociales aux États-Unis, l'un des plus gros employeurs du pays, Wal-Mart, a frappé un grand coup jeudi en augmentant le salaire minimum d'un demi-million de ses employés, une décision saluée par la Maison-Blanche.

À partir du mois d'avril, environ 500 000 des 1,3 million de salariés américains (40% des effectifs) du numéro un mondial de la distribution verront leur salaire porté à 9 dollars de l'heure.

À compter du 1er février 2016, ce salaire horaire sera «au moins» à 10 dollars de l'heure, assure Wal-Mart, qui promet aussi de donner aux salariés leur emploi du temps deux semaines et demie à l'avance et des formations.

Ces mesures font passer la rémunération minimum chez cet étendard de la consommation aux États-Unis à au moins 1,75 dollar de plus que le salaire minimum fédéral aux États-Unis.

Ce dernier est bloqué à 7,25 dollars de l'heure depuis 2009, en dépit de vastes mouvements de protestation, notamment des salariés de la restauration rapide qui demandent une revalorisation des bas salaires. Il est ainsi à peine plus élevé qu'en 1964 en dollars constants.

«Nous voulons des employés qui se donnent à fond pour l'entreprise», a expliqué le directeur général Doug McMillon, 48 ans.

«Coup de maître» 

Si les syndicats réclament une augmentation à 15 dollars de l'heure, les annonces surprises de Wal-Mart, qui entrent dans le cadre d'un plan d'investissement d'un milliard de dollars, étaient bien accueillies.

«C'est la preuve que les entreprises (...) reconnaissent qu'elles augmentent ainsi leur productivité, réduisent le roulement du personnel et améliorent leur état d'esprit», a réagi Eric Schultz, un porte-parole de la Maison-Blanche.

«C'est une bonne nouvelle», renchérit l'élu démocrate de Californie Mark Takano.

D'aucuns saluent le «coup de maître» de M. McMillon, aux commandes depuis seulement un an, ce qui devrait quelque peu réparer l'image sociale dégradée du groupe fondé par Sam Walton en 1962, estiment des analystes.

«(Je) suis contente pour les employés de Wal-Mart et fière de la direction», a réagi Marissa Meyer, la patronne de Yahoo!, sur son compte Twitter. Mme Meyer est membre du conseil d'administration de Wal-Mart.

Pour la National Retail Federation, lobby de la distribution, «Wal-Mart a fondé sa décision sur ce qui est bien pour ses employés, ses clients, ses actionnaires et les communautés où il opère».

«Nous sommes heureux d'avoir obtenu une hausse pour 500 000 salariés dont les familles avaient besoin», s'est également réjouie Emily Wells, salariée de Wal-Mart et membre du syndicat UFCW, dans un courriel à l'AFP.

À Wall Street, à l'inverse, les investisseurs ont mal accueilli ces nouvelles qui vont rogner les bénéfices. Le titre Wal-Mart reculait de 2,64% à 84,01 dollars vers 13 h 10.

La montée des inégalités sociales aux États-Unis a fini par s'imposer en haut de l'agenda politique dans un pays pourtant en plein boom économique.

Le président Barack Obama, qui milite pour une augmentation du salaire minimum horaire à 10,10 dollars de l'heure, en a fait un point essentiel de son discours sur l'état de l'Union en janvier.

Environ dix-neuf États, dont New York, la Californie et le Massachusetts lui ont emboîté le pas en adoptant des hausses du salaire horaire minimum en 2015. Celui des contractuels de l'État fédéral est de 10,10 dollars de l'heure depuis janvier.

Près de 3 millions d'Américains émargeaient à 7,25 dollars de l'heure ou moins en 2014, selon les statistiques officielles.

À l'inverse une poignée de familles américaines (0,1%) détient 22% de la richesse du pays contre encore seulement 7% à la fin des années 1970, selon les travaux de deux économistes français, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman.

Même s'il n'est pas le premier grand groupe de la distribution à augmenter le salaire minimum de ses employés, Wal-Mart, au vu de son poids dans l'économie américaine, pourrait pousser d'autres grosses entreprises à franchir le pas, selon les analystes.

Avant lui, le groupe suédois Ikea a augmenté de 17% à 10,76 dollars de l'heure le salaire minimum de ses salariés américains en 2014, tandis que la chaîne d'habillement Gap l'a porté à 10 dollars à compter de janvier.

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