Exclusif

La première SAQ en épicerie sera à Laval

«C'est très complémentaire à notre offre alimentaire, souligne... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

«C'est très complémentaire à notre offre alimentaire, souligne la porte-parole de Metro, Marie-Claude Bacon. Ça va répondre aux besoins de notre clientèle.»

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La Société des alcools du Québec (SAQ), qui souhaite exploiter de petites succursales dans des supermarchés, ira de l'avant avec son projet. La SAQ Classique du Centre Laval sera déménagée dans le Metro Plus Depatie, a appris La Presse Affaires.

La première SAQ Express en épicerie du Québec verra le jour «le printemps prochain», confirme la société d'État. D'une superficie de 1500 pieds carrés, elle offrira 400 produits, autant du vin que des spiritueux comme de la vodka et du Baileys. Les heures d'ouverture de cette succursale seront les mêmes que celles du Metro. Les ventes seront encaissées par la SAQ, qui y affectera cinq employés syndiqués (SEMB-CSN tandis que ceux du Metro sont représentés par les TUAC) .

Il n'a pas été possible d'obtenir de détails sur l'entente financière convenue entre le propriétaire du supermarché, Michel Depatie, et la SAQ. Mais un loyer sera payé, et ce sera la seule rémunération du marchand, a-t-on su.

Les deux parties sont également restées discrètes au sujet de la durée du contrat qui les lie. «Ce n'est vraiment pas du long terme, ni même du moyen terme. Il y a quand même un risque pour le marchand», nous a indiqué M. Depatie, précisant qu'il se sentait «très flatté» d'avoir été choisi pour effectuer le projet-pilote.

En juillet, La Presse Affaires avait annoncé que la SAQ voulait installer de petites succursales dans les supermarchés afin de réduire ses frais d'exploitation (le loyer y est forcément moindre que dans un local traditionnel). La porte-parole, Isabelle Merizzi, avait alors affirmé que l'objectif n'était pas de réduire le nombre de SAQ. À son dernier exercice, la SAQ a déclaré des profits en baisse de 2,7%.

Hausser la clientèle

Pour vendre son idée à quelques supermarchés, la SAQ a communiqué avec les trois grands noms de l'alimentation de la province (Metro, Loblaws/Provigo et IGA). Selon nos sources, seule l'enseigne Metro s'est montrée intéressée. IGA est en «mode observation», tandis que Loblaw «a fermé la porte». «C'est très complémentaire à notre offre alimentaire, souligne la porte-parole de Metro, Marie-Claude Bacon. Ça va répondre aux besoins de notre clientèle.»

En accueillant une SAQ Express, Michel Depatie espère surtout attirer un plus grand nombre de clients, quitte à perdre des ventes de vins d'épicerie. Son commerce a été «particulièrement encerclé ces 18 derniers mois», relate-t-il, avec la venue d'un IGA, d'un Target et d'un Walmart Supercentre à proximité, en plus de la relocalisation d'Adonis.

Pour faire de la place à une SAQ, le marchand devra réaménager les rayons et réduire l'offre de certaines catégories en décroissance. Il n'a pas voulu chiffrer le coût des travaux requis.

Craintes de l'industrie

Depuis le début, l'Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA) dénonce l'idée de la SAQ. Son PDG, Florent Gravel, craint notamment que ces «shop-in-shop» ne se retrouvent un jour dans de grandes surfaces comme Walmart, Target, Sears ou même Rona.

«Est-ce que ce sera un moyen détourné de faire entrer de l'alcool dans des magasins qui n'ont pas de permis d'alcool? Ce serait une concurrence déloyale pour nos commerces. [...] On est déçus que des épiciers embarquent là-dedans sans qu'on ait de garanties.»

Selon la SAQ, Target n'a pas démontré d'intérêt pour le projet-pilote. Le détaillant à la cible rouge (qui aurait de la place et qui vend de la nourriture) a refusé de justifier sa position. Costco, en revanche, a «appelé pour en savoir plus», confie Isabelle Merizzi. Il n'a pas été possible d'en savoir davantage sur ses ambitions (refus de commenter). Du côté de Walmart (que la SAQ dit ne pas avoir approché), on travaille «actuellement à développer une solution pour que les clients puissent faire leurs courses chez Walmart et acheter leur bière et leur vin en même temps», souligne un porte-parole.

L'ADA se demande par ailleurs si le concept ne créera pas de «tensions salariales dans les commerces», puisque les employés de la SAQ gagnent passablement plus que ceux des supermarchés. «On va devoir gérer tout ça», convient Michel Depatie.

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer