Harry Rosen mise 15 millions sur Montréal

Larry Rosen, propriétaire, président et fils du fondateur... (Photo André Pichette, La Presse)

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Larry Rosen, propriétaire, président et fils du fondateur des magasins Harry Rosen, est en train de mettre en oeuvre un plan de développement pancanadien de 100 millions pour faire face à la concurrence accrue des enseignes américaines.

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Jugeant que l'économie de Montréal est «saine et dynamique» et que le centre-ville demeure une destination de choix pour l'achat de vêtements pour hommes, Harry Rosen investira près de 15 millions de dollars dans son magasin de la rue Peel. Une somme qui s'inscrit dans une stratégie d'expansion pancanadienne de 100 millions.

«Ce n'est pas le type de budget [15 millions] qu'on voit normalement au Québec. C'est un budget pour faire un magasin de classe mondiale. On est à ce niveau-là», commente Brian McConnell, spécialiste en marchandisage et associé dans l'agence Shop.

En plus d'être mis au goût du jour, le magasin montréalais sera agrandi. Il passera de 19 000 à 33 000 pieds carrés en récupérant, entre autres, tout l'espace actuellement occupé par Club Monaco (qui se prépare à déménager rue Sainte-Catherine Ouest, dans l'ancien Mango).

Rue Peel, les fenêtres seront agrandies jusqu'au trottoir afin de créer une «vitrine forte». Et le problème de stationnement dans le secteur sera atténué en ajoutant un service de voiturier, a détaillé le président Larry Rosen au cours d'un entretien avec La Presse Affaires. De 30 à 40 emplois seront créés.

Le fils du fondateur confie avoir envisagé la possibilité de déménager son commerce. «On a regardé à proximité d'Ogilvy, sur la rue de la Montagne. Et sur la rue Sherbrooke, mais avec le déménagement prochain de Holt Renfrew dans Ogilvy, on pense que le magasinage va se déplacer plus près de la rue Sainte-Catherine.»

Investissement «exceptionnel»

Tandis que plusieurs détaillants québécois se plaignent de la morosité des ventes, Larry Rosen jure que ses affaires sont «presque aussi bonnes» à Montréal qu'ailleurs au pays (environ 1000$ le pied carré). Il est également très satisfait de la performance de son magasin de Laval, ouvert l'an dernier. Il n'estime donc pas son pari risqué, d'autant plus que pour sa «clientèle sophistiquée», il est «essentiel d'avoir un magasin au centre-ville». Son investissement aux Cours Mont-Royal est assorti d'un bail de 20 ans.

«C'est sûr que c'est rare. Il n'y a pas beaucoup de détaillants qui font ça [un tel investissement] dans le contexte actuel, vu que l'industrie ne performe pas très bien. Pour une entreprise privée et canadienne, c'est exceptionnel», souligne Terry Henderson, président, division Québec et Atlantique, chez le consultant J.C. Williams Group.

Dans un mois, un 17e magasin Harry Rosen verra le jour au Centre Rideau, à Ottawa dans un local stratégiquement positionné entre les futurs Simons et Nordstrom. Des rénovations seront par ailleurs effectuées dans plusieurs autres succursales au pays, pour un total de 100 millions sur trois ans.

Nordstrom, Saks et Holt Renfrew

L'arrivée imminente au Canada de l'enseigne américaine de luxe Nordstrom (ouverture du premier de six magasins le 19 septembre à Calgary) n'est pas étrangère à l'empressement de Larry Rosen. «Tout le monde réagit. On a accéléré significativement nos investissements, car je veux qu'on soit les premiers dans chaque marché. On protège nos territoires.»

Ce n'est pas tout. La Baie d'Hudson a annoncé qu'elle amènera Saks Fifth Avenue au pays. Et Holt Renfrew vient d'annoncer des investissements de 300 millions qui comprennent une augmentation de 40% de ses pieds carrés au pays (d'environ 800 000 à plus de 1,2 million). Même si Nordstrom et Saks Fifth Avenue n'ont pas annoncé leur intention de s'établir à Montréal, Larry Rosen est certain que ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils s'exécutent.

Dans les circonstances, il met tout en oeuvre, soutient-il, pour être «encore meilleur que tous ses concurrents». «Quand le marché change, il faut décider si on veut gagner ou perdre», conclut celui qui se fait un devoir de répondre lui-même aux questions qui lui sont adressées en ligne.

«Même si ça concerne une simple paire de bas, ça ne me dérange pas. Mon père de 83 ans, qui va encore au magasin de Toronto tous les samedis, m'a enseigné qu'on n'est jamais trop important ou trop occupé pour s'occuper de ses clients.»

Harry Rosen en chiffres

> Fondation: 1954

> Ventes annuelles: 300 millions (en hausse de 10% en moyenne depuis trois ans)

> Objectif: réaliser des ventes de plus de 400 millions d'ici cinq ans

> Parts de marché (vêtements haut de gamme pour hommes): de 40 à 45%

> Succursales: 16 (17 dans un mois)

> Employés: près de 1000

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