La Plaza St-Hubert: entre sagesse et jeunesse

Reconnaissable à la marquise de verre qui couvre... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Reconnaissable à la marquise de verre qui couvre ses trottoirs sur 1,2 km, la Plaza St-Hubert regroupe 400 commerçants.

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Malgré son âge vénérable, la Plaza St-Hubert continue d'être un pôle d'attraction pour les consommateurs, et pas seulement pour ses magasins de robes de mariées, nous dit Marie-Eve Fournier dans le premier d'une série de portraits des rues commerciales de Montréal.

C'est l'artère qui a vu naître la chaîne de restaurants St-Hubert, en 1951. C'est là que s'est tenue la première braderie du Québec, en 1973. Destination reconnue pour les robes de mariée, la rue Saint-Hubert se démarque aussi par la marquise de verre qui couvre ses trottoirs sur 1,2 km.

La Plaza St-Hubert regroupe 400 commerçants et attire 2,5 millions de personnes par année. Mais tous les locaux ne sont pas loués et des rénovations sont nécessaires à plusieurs endroits. De plus, de grands travaux de réfection des réseaux d'eau et d'égout commenceront l'an prochain.

L'arrondissement pourrait en profiter pour revoir entièrement l'aménagement de la rue afin d'«améliorer l'expérience client». La semaine prochaine, il entamera la reconfiguration de la Plaza entre les rues Bellechasse et Jean-Talon. Le projet-pilote prévoit une voie réservée au stationnement, une autre pour servir de débarcadère et une seule voie de circulation, ainsi que des aires de détente.

Loyers attrayants

Plus abordable que d'autres artères, la rue Saint-Hubert attire les entrepreneurs. C'est le cas de Thierry Flamand, qui a quitté la rue Saint-Denis en septembre dernier. «C'est une cliente qui m'a encouragé à venir sur la Plaza en me disant que les loyers étaient moindres», raconte le propriétaire de la boutique Flowerbox (tableaux végétaux).

Un local un peu plus grand lui coûte en effet trois fois moins cher. «Il y a un peu moins d'achalandage, mais les ventes sont quasiment aussi bonnes puisque le panier moyen est de 15 % plus élevé.»

Comme il y a des bars et des restaurants autour, Thierry Flamand laisse les lumières de sa vitrine allumées 24 heures sur 24. «Les gens nous voient en sortant du Gainzbar et ils reviennent nous voir deux jours après pour acheter!»

Une belle revitalisation

D'autres croient suffisamment en l'avenir de la rue Saint-Hubert pour y acquérir des immeubles et y lancer de nouvelles enseignes. Quelques semaines après la fermeture de Meubles Poplaw et les travaux de rénovation qui ont transformé le local, le magasin de meubles Bois&Cuir a ouvert ses portes en janvier dernier. «On a sorti 150 tonnes de scrap. Il y avait trois ou quatre murs d'épais, cinq ou six moquettes collées par la saleté. Au lieu de réparer, ils ajoutaient des couches!», résume le propriétaire du magasin et de l'immeuble depuis près d'un an, Daniel Meyer Ouaknine.

Résultat, tous les matériaux d'origine sont visibles, dont d'impressionnantes lattes de bois sur les murs. L'homme d'affaires, discret sur la somme investie, connaît bien la Plaza; il y possède quelques édifices depuis des décennies. «Je pensais que c'était une rue de liquidation, mais je me suis trompé. Il y a une belle revitalisation. Et les gens apprécient la marquise, qui rend la Plaza St-Hubert davantage quatre saisons que les autres artères.»

Traverser les époques

Mais le charme de la Plaza, c'est aussi les commerces de longue date, comme le magasin de produits électronique Radio St-Hubert. Il y a 49 ans, Bernie Borenstein ne parlait pas français quand il l'a inauguré. Mais il tenait à s'installer rue Saint-Hubert plutôt que dans l'Ouest-de-l'Île. «Dans le temps, c'était LE spot, la place pour magasiner. C'est ici que je voulais être. Le loyer était raisonnable [300 $ par mois], j'avais 25 pieds de façade et un stationnement de 5 places.» Même s'il a souvent dû répéter qu'il avait grandi à Montréal, il n'a jamais regretté son choix.

D'ailleurs, il a ouvert quatre succursales dans des centres commerciaux, mais il a décidé de ne conserver que sa meilleure adresse, celle de la rue Saint-Hubert. «On est proches de trois stations de métro. Les gens sont courtois et sympathiques. Mes clients deviennent des amis», raconte celui qui dit être «le plus vieux propriétaire d'origine d'un magasin d'électronique à Montréal».

Le secret de son succès? Vendre du haut de gamme (pour éviter la concurrence des géants du secteur) et garder ses employés pendant des décennies.

Quelques adresses

6406 : Les délires du terroir

«On est une référence dans la bière de microbrasserie. S'il y a une nouveauté sur le marché, c'est sûr qu'on va l'avoir!», lance celui qui nous accueille, Nicolas Beaudoin. Ouverte en 2006, la boutique appartient aux propriétaires du Broue Pub Brouhaha. Mais il n'y a pas que les amateurs de houblon qui s'y régalent. L'endroit offre des confitures, des chocolats et des fromages fins du Québec. «On vend aussi la meilleure tarte aux bleuets du monde [cuisinée à Baie-Saint-Paul]. J'ai plusieurs clients qui viennent ici juste pour ça», s'empresse d'ajouter Nicolas Beaudoin.

6370 : Dracolite

La boutique de bijoux, de vêtements et d'autres articles d'inspiration médiévale a quitté Anjou pour s'installer rue Saint-Hubert en 2007. «Rue Saint-Denis, c'était trop cher, relate le propriétaire, Charles Brousseau. La Plaza offrait un meilleur rapport qualité-prix. On a acheté l'immeuble et on a vécu au-dessus de la boutique pendant quelques années. À l'époque, notre tronçon était le pire. C'était épouvantable le nombre de locaux à louer. Aujourd'hui, je trouve que c'est le meilleur. C'est un ensemble de petits commerces indépendants, branchés, le fun.»

6366 : Aquarium du Nord

Ne vous fiez pas à son nom, l'animalerie (ouverte depuis 1961) vend aussi tout ce qu'il faut pour les chiens, les chats et les reptiles. Le propriétaire, François St-Louis, a pris la relève de son père il y a une trentaine d'années. Il prépare maintenant une de ses filles à suivre sa trace... «si l'économie le permet». «Les temps sont difficiles. On se demande si ça n'irait pas mieux sur la couronne nord, confie-t-il. Plusieurs commerces vivotent, ici. Il y a moins de monde au sud de la rue Beaubien, on le voit lors des braderies.»

6260 : L'Effiloché

L'endroit se présente comme un «tricot lounge» et une salle de couture. On y offre des ateliers, on y vend du tissu, de la laine et tout ce dont les amateurs de couture, de tricot et de crochet ont besoin. Des sofas sont à la disposition des clients qui veulent tricoter tout en socialisant, des machines à coudre peuvent être louées à l'heure. Les tissus choisis par la propriétaire, Ginette Verdone, invitent à la plus grande créativité; les imprimés sont ludiques, originaux, singuliers.

6220 : L'Armoire à glaces

Pour un sorbet ou une glace artisanale et originale (framboise et romarin, beurre d'érable et bacon, carotte et cardamome), L'Armoire à glaces est l'endroit tout désigné. Cette halte gourmande propose aussi des soupes, des sandwichs, des salades et du café. La copropriétaire, Nadia Aubert, aime la rue Saint-Hubert pour plusieurs raisons. «Il y a beaucoup de jeunes familles éduquées autour qui ont le goût d'acheter des produits du Québec de qualité et originaux, qui veulent bien manger. Pour des entrepreneurs qui ont le goût d'être créatifs, c'est l'artère parfaite.»

6330 : Piano de ville

Si vous êtes chanceux, vous aurez peut-être droit à un concert gratuit. Un piano en libre service a été posé sur le trottoir en face de la librairie Raffin, au 6330, rue Saint-Hubert. Décoré de couvertures en macramé, le sympathique instrument est accessible aux passants tous les jours, à compter de midi.

6229 et 6255 : Lozeau et Renaud-Bray

Lozeau est sans doute le commerce le plus connu de la Plaza. Le spécialiste de la photo et de la vidéo ne possède qu'une seule adresse, et sa clientèle vient de loin. D'ailleurs, plusieurs détaillants à proximité affirment que Lozeau et son voisin, Renaud-Bray, sont des aimants précieux qui attirent une clientèle aussi nombreuse que de qualité. La plupart des commerçants rencontrés par La Presse ont aussi affirmé qu'ils contribuent à donner à leur tronçon de rue une tout autre atmosphère que celle qui règne plus au nord.

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