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Douze Maxi syndiqués à la CSN deviendront des Héritage franchisés

Hier matin, des employés de Maxi dans plusieurs... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Hier matin, des employés de Maxi dans plusieurs régions du Québec ont compris lors d'échanges informels que le magasin où ils travaillent sera vendu «d'ici les 90 prochains jours» et qu'il sera rebaptisé Héritage, un nom disparu depuis 1995.

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Loblaw va ressortir l'enseigne Héritage des boules à mites dans ce qui a toutes les apparences d'une manoeuvre antisyndicale, selon la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Parmi les 14 supermarchés Maxi représentés par la centrale syndicale (sur 110 au Québec), 12 seront cédés à des franchisés et subiront un changement de nom, a appris La Presse. Une nouvelle ébruitée quelques semaines avant l'expiration de plusieurs conventions collectives.

Nouveau modèle d'affaires

Hier matin, des employés de Maxi dans plusieurs régions du Québec ont compris lors d'échanges informels que le magasin où ils travaillent sera vendu «d'ici les 90 prochains jours» et qu'il sera rebaptisé Héritage, un nom disparu depuis 1995. Leur syndicat, la CSN, n'avait pas été informé de la nouvelle par l'épicier. Vérification faite, c'est bien et bien ce qui va se produire.

«Nous instaurons un tout nouveau modèle d'affaires dans notre division à escompte en régions», résume la porte-parole de Loblaw au Québec, Anita Jarjour. À l'heure actuelle, tous les Maxi sont corporatifs. Du côté de Provigo (une autre enseigne de Loblaw), on retrouve à la fois des magasins franchisés et des magasins corporatifs. Dans le jargon de Loblaw, les marchands sont appelés des «affiliés», «étant donné qu'ils sont propriétaires de leur commerce à 100%», explique-t-on, sans vouloir préciser le prix de vente des magasins.

Anita Jarjour dit que Loblaw «croit être en mesure de faire revivre l'enseigne Héritage dans la modernité», mais que le nom des magasins n'est pas «définitif», puisque certains pourraient devenir des Intermarché. Il n'y aurait «pas d'urgence» à vendre les magasins, mais «90 jours, ça nous donne le temps de voir s'il y a de l'intérêt de la part d'acheteurs». La représentante n'a pas voulu dire si tous les Maxi du Québec seraient un jour franchisés.

Loblaw refuse d'expliquer de quelle manière elle a sélectionné les 12 Maxi sur 110 qui seront cédés à des marchands, mais évoque vaguement le fait qu'ils soient «en région». L'épicier n'est pas plus bavard quand on lui demande pourquoi il s'agit uniquement d'établissements représentés par la CSN. Les autres Maxi sont représentés par les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), avec qui l'épicier entretient des relations si harmonieuses que la CSN y voit de la «connivence».

«Attitude inconcevable»

En fonction des lois du travail, le syndicat ne sera pas démantelé à la suite du changement de propriétaire. La CSN estime tout de même que la manoeuvre de Loblaw est «une façon détournée d'abaisser les conditions de travail» de ses membres, dit Serge Fournier, président de la Fédération du commerce-CSN.

«Je trouve l'attitude de Loblaw inconcevable. Dès qu'on arrive en négo, ils sortent des lapins. Les propriétaires indépendants vont nous dire qu'ils n'ont pas la capacité de payer de Loblaw», prévoit le syndicaliste. De plus, la force de frappe de la CSN risque de fondre, puisqu'elle devra effectuer 12 négociations plutôt qu'une. Normalement, les 12 magasins mis en vente par Loblaw font l'objet d'une «négociation coordonnée».

«Le nouveau propriétaire sera responsable de négocier avec le syndicat», convient Anita Jarjour. Mais la CSN croit que les commerçants préféreront acheter des magasins ayant une convention collective signée. «Loblaw va nous dire de signer et nous menacer de fermer le magasin si on dit non. [...] De plus en plus, ils ont des relations de travail à l'ontarienne, avec des menaces à tout bout de champ. Ils l'ont fait à Québec, où ils ont fermé leur entrepôt neuf après le lock-out. Ils ont menacé de déménager l'entrepôt de Montréal à Cornwall, en Ontario, et ils ont fermé les magasins de l'Abitibi», relate Serge Fournier.

Les deux Maxi écartés sont ceux de Rouyn-Noranda, en grève depuis août 2012, et de Victoriaville, pour une raison que Serge Fournier ne s'explique pas. Loblaw n'a pas voulu se justifier. Les 12 conventions collectives viennent à échéance cette année, en juin ou en décembre.

Les 42 supermarchés Héritage ont été transformés en Maxi en 1995 par leur propriétaire de l'époque, Provigo. Loblaw a acquis Provigo en 1998.

Les magasins visés par les changements :

1. Alma Pont-Sud

2. Alma Pont-Nord

3. Chibougamau

4. Chicoutimi

5. Chicoutimi-Nord

6. Jonquière

7. La Baie

8. Lévis

9. Plessisville

10. Roberval

11. Sainte-Marie

12. Sorel-Tracy

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