Bientôt Saks Fifth Avenue à Montréal?

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Le magasin principal de Saks Fifth Avenue est... (Photo: AP)

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Le magasin principal de Saks Fifth Avenue est l'une des icônes de la 5e Avenue, à New York.

(Montréal) Alors que les magasins de luxe Nordstrom s'apprêtent à entrer dans le marché canadien, voilà que La Baie d'Hudson (T.HBC) achète les magasins américains Saks Fifth Avenue avec l'intention d'amener le concept de ce côté-ci de la frontière.

Le président et chef de la direction de HBC, Richard Baker, a dit vouloir ouvrir 7 magasins Saks et 25 établissements à prix réduit appelés Saks Fifth Avenue OFF 5TH. «Nous allons bouger aussi vite que possible», a-t-il déclaré au cours d'une conférence téléphonique avec les médias et les analystes du secteur.

Le dirigeant n'a pas précisé son échéancier ni les villes qu'il a dans sa mire. Par contre, la compagnie HBC a indiqué qu'elle pourrait convertir certains La Baie et construire de nouveaux magasins.

«Je trouve ça très ambitieux de faire une telle affirmation. Ça me semble assez hypothétique», a commenté Jean-François Grenier, directeur senior au Groupe Altus.

L'expert en vente au détail croit qu'il faut être prudent face à ce genre d'annonces, car ouvrir de grands magasins est coûteux et complexe. Les locaux bien situés et assez grands pour accueillir Saks (SKS) se font rares, surtout au centre-ville de Montréal.

Et dans les centres commerciaux, les détaillants détiennent des droits d'exclusivité, rappelle-t-il en donnant l'exemple de Simons qui a peiné à s'installer aux Galeries d'Anjou à cause de la présence de La Baie et de Sears.

Un petit marché

Jean-François Grenier n'est pas convaincu que le marché montréalais - qui compte déjà Holt Renfrew et Ogilvy - pourrait faire vivre Saks, un concept qui se rapproche de celui de Holt Renfrew. Il croit que certains étages peu ou pas rentables de l'immense La Baie de la rue Sainte-Catherine (700 000 pieds carrés) pourraient accueillir l'enseigne de luxe.

«Le marché du haut de gamme à Montréal, ce n'est pas dans les milliards, c'est plutôt 300 millions de dollars, ce n'est pas beaucoup.»

Et ce n'est pas un marché en croissance depuis la crise de 2008, poursuit Bernard Paré, qui vient de prendre sa retraite après avoir longtemps oeuvré comme président d'Ogilvy.

«Montréal est un petit marché et le créneau du luxe est déjà très bien exploité par Holt Renfrew et Ogilvy», dit celui qui a des doutes sur la capacité de Saks d'établir des magasins dans la métropole.

Comme d'autres observateurs, il n'exclut pas que HBC établisse sa nouvelle enseigne à Laval ou sur la Rive-Sud, compte tenu du manque d'espaces intéressants à Montréal.

Un autre expert du secteur qui préfère taire son nom trouve lui aussi que le marché montréalais commence à être saturé d'enseignes luxueuses. Mais il ne croit pas que l'idéal serait pour autant d'installer Saks dans une petite partie du magasin La Baie.

«Tous les détaillants veulent avoir une vitrine sur la rue. Sinon, c'est risqué. S'ils mettent Saks aux 4e et 5e étages, ce sera un gros défi d'amener le monde à monter jusque là.»

On se rappellera des ambitions de NRC Equity Partners exprimées il y a cinq ans, pratiquement jour pour jour, et qui ne se sont jamais concrétisées. En juillet 2008, ce fonds américain d'investissement privé, déjà propriétaire des grands magasins Lord&Taylor, achetait HBC et annonçait illico son intention d'ouvrir «de 10 à 15» Lord&Taylor au Canada. Aucun échéancier n'avait été précisé, mais il était question de convertir certains La Baie.

«Il y a un vide dans le secteur canadien du commerce de détail entre La Baie et Holt Renfrew. Les magasins Lord&Taylor seront en position idéale pour répondre à la demande de cette clientèle», avait-on affirmé dans un communiqué.

L'enseigne Lord&Taylor n'a finalement été accrochée sur aucune façade au pays. Seuls ses vêtements ont commencé à être vendus à La Baie. Nordstrom (plus haut de gamme que Lord&Taylor) se prépare pour sa part à ouvrir cinq magasins au pays (dont aucun au Québec) à compter de l'automne 2014.

Daniel Baer, associé et leader national des services au secteur du commerce de détail d'EY, est plus optimiste quant aux chances de succès de Saks à Montréal. «Le consommateur est toujours intéressé par les nouveaux concepts américains.

Et Saks, à Montréal, pourrait aussi attirer un consommateur européen de passage pour le Grand Prix ou d'autres événements.» Il n'exclut pas une transformation totale du magasin La Baie de la rue Sainte-Catherine en Saks, ce qui «pourrait générer plus de ventes».

«La Baie a de grandes qualités, mais c'est difficile de renouveler un concept quand tu gardes le même nom. Une conversion en Saks amènerait du nouveau», croit aussi Richard Blain, associé chez SECOR/KPMG. Il ajoute que le magasin du Centre Rockland, vu sa clientèle fortunée, serait un autre bon candidat à une conversion.

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