Québec Inc. en 2012: Rona dans la ligne de mire d'un géant américain

Une entreprise affaiblie, donc prenable? C'est l'image que projetait Rona après... (Photo : Édouard Plante-Fréchette, archives La Presse)

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Photo : Édouard Plante-Fréchette, archives La Presse

Une entreprise affaiblie, donc prenable? C'est l'image que projetait Rona après des trimestres décevants lorsque l'américain Lowe's a médiatisé sa proposition d'achat, l'été dernier.

CONTEXTE

À 14,50$ par action ou presque 1,9 milliard de dollars en tout, la proposition de Lowe's au conseil d'administration de Rona apparaissait comme un baume pour ses actionnaires. Durant les 12 mois précédents, leurs actions avaient perdu le tiers de leur valeur et vivotaient autour des 10$.

Le problème? Après des années favorables, Rona subissait le repli du marché de la rénovation résidentielle. Le quincailler éprouvait aussi des maux de croissance, notamment avec les grandes surfaces ouvertes en Ontario ces dernières années.

Pendant ce temps, l'Américain Lowe's affichait ses ambitions au Canada au-delà de ses 31 grandes surfaces en Ontario et dans l'Ouest. Pour compenser la longue récession aux États-Unis, mais aussi pour mieux batailler au Canada avec son rival Home Depot, aussi d'origine américaine.

C'est dans ce contexte qu'a germé le projet d'une mainmise sur Rona et son réseau de 800 points de vente de tailles diverses. Du même coup, Lowe's a ouvert une boîte de Pandore pour l'avenir d'une entreprise chouchou des Québécois.

CONSÉQUENCES

L'un des projets de transaction d'entreprise les plus controversés au Québec depuis des années a tourné court. Mais ça ne serait que partie remise selon des actionnaires de Rona, très mécontents de la rebuffade servie à Lowe's.

La prochaine manche pourrait survenir au printemps, avant l'assemblée annuelle du quincailler à la mi-mai. Selon les plus mécontents, dont les firmes de fonds Invesco et ABC de Toronto, les actionnaires de Rona devraient voter le remplacement du conseil.

La raison? Ils lui reprochent le rejet précipité de la proposition de Lowe's, au détriment des actionnaires. Ce refus, faut-il rappeler, a été énoncé en août par le conseil de Rona après des discussions tenues en privé avec Lowe's. Cette affaire a fait grand bruit en pleine campagne électorale au Québec, attisant à la fois un débat de nationalisme économique et un autre sur la «gouvernance» à la haute direction de Rona.

Même la Caisse de dépôt et placement s'en est mêlée, achetant des millions d'actions de Rona jusqu'à en devenir l'actionnaire principal à 15%.

Est-ce que ça suffira à contenir la grogne d'autres actionnaires importants? Pour le moment, l'intervention de la Caisse a précipité le départ du président de longue date de Rona, Robert Dutton.

Et à peine trois semaines plus tard, son remplaçant intérimaire et ex-chef financier de Rona, Dominique Boies, chambardait les priorités d'affaires. Finie la croissance à tout prix et remise de cap sur la rentabilité, recentrage sur les points fort, délestage d'activités secondaires.

Plus de doute: les prochains mois seront décisifs pour Rona.

Les deux joueurs:

RONA

Réseau: 800 magasins

Revenus annualisés: 4,87 milliards CA

Croissance annualisée: +1,7%

Marge bénéficiaire nette: - 2,4%

Valeur boursière: 1,3 milliard CA

LOWE'S

Réseau: 1745 grandes surfaces de tailles diverses au Canada (31 au Canada) 

Revenus annualisés: 51,1 milliards US

Croissance annualisée: +4,1% 

Marge bénéficiaire nette: +3,9% 

Valeur boursière: 40,2 milliards US

Source : Bloomberg, Rona, Lowe's

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