Offre d'achat de Leon: l'action de Brick bondit de 50%

Meubles Leon a son siège social à Toronto... (Photo: Rémi Lemée, La Presse)

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Meubles Leon a son siège social à Toronto et compte 76 magasins dans toutes les provinces sauf la Colombie-Britannique.

Colin Perkel
La Presse Canadienne
Toronto

Le titre du détaillant de meubles Brick (T.BRK) bondissait de 52% ou 1,82$ à la Bourse de Toronto, dans la foulée de l'annonce de son acquisition par son rival Meubles Léon (T.LNF) dans le cadre d'une offre d'achat amicale de 700 millions de dollars.

Lors d'une conférence de presse lundi, Meubles Léon a indiqué qu'il versera 5,40 $ pour chaque action de Brick, dont le titre avait clôturé à 3,50 $ vendredi. Il a terminé la séance de lundi à 5,32 $.

Selon les deux entreprises, qui conserveront leurs bannières, cette offre d'achat à moins à voir avec l'arrivée au pays de nombreux concurrents américains tels que Target et Wal-Mart, qu'avec la nécessité d'exercer un contrôle des coûts.

L'annonce de la transaction survient alors que la conjoncture économique est difficile pour les détaillants de meubles, dont les ventes sont plombées par le ralentissement du marché immobilier.

«Ce que nous avons en tête est le fait que le climat économique est difficile, la croissance n'est généralement pas au rendez-vous, et si l'économie est en croissance, celle-ci est généralement très lente», a déclaré Terry Leon, le président et chef de la direction du groupe qui dirigera à terme la nouvelle entité.

«La meilleure façon de se développer et de prendre de l'expansion est de, si possible, effectuer une acquisition qui a du sens.»

Le marché canadien du détail a subi plusieurs transformations au cours des dernières années, alors que de plus en plus de chaînes américaines désireuses de prendre de l'expansion se sont tournées vers le Canada, ce qui a accru la concurrence dans plusieurs sous-marchés, y compris dans celui de l'ameublement.

Plusieurs détaillants canadiens, de Loblaw à Canadian Tire, ont agi pour accroître leur compétitivité en diversifiant leur offre de produits, y compris en vendant des meubles, afin de se transformer progressivement en magasins multifacettes pour les consommateurs.

Léon et Brick font face à de nouveaux concurrents, principalement avec l'arrivée de Target, qui prévoit inaugurer 135 magasins au pays au cours de la prochaine année. Walmart ouvrira également 73 magasins au Canada au cours des prochains mois, dont 28 dans des magasins Zellers reconvertis.

Le titre de Léon a ajouté lundi deux pour cent, à 11,80 $.

L'acquisition de Brick consoliderait la position de Léon dans le marché de l'ameublement résidentiel, a fait valoir M. Leon, dans un communiqué émis dimanche soir.

«Dans cette période économique où nous avons vu plusieurs compagnies américaines s'établir au pays par des acquisitions, c'est agréable de voir deux détaillants canadiens arriver à une entente qui servira mieux les consommateurs canadiens»,  a-t-il indiqué.

Il a aussi fait valoir qu'ensemble, les deux bannières auront un plus grand pouvoir d'achat et un réseau de distribution national qui offrira davantage de possibilités d'achat en ligne.

D'autres détaillants canadiens tels Pharmaprix, HBC et Jean Coutu se préparent également à l'arrivée au pays de Target, soit en se restructurant ou en changeant la façon dont ils font des affaires.

M. Leon restera président et chef de la direction de Léon et deviendra PDG de la nouvelle entreprise. Le PDG de Brick, Vi Konkle, demeurera le président et chef de la direction de Brick, ont indiqué les deux entreprises.

Dans le communiqué, M. Konkle a déclaré que la transaction rendrait les deux groupes plus forts et que Brick préserverait ses racines à Edmonton.

Meubles Léon, dont le siège social est à Toronto, veut finaliser la transaction dans les trois premiers mois de l'année prochaine. Elle aura besoin d'approbations judiciaires et des autorités de la concurrence.

Les deux entreprises ont dit ne pas avoir l'intention de procéder à des mises à pied ou de fermer des magasins. Elles disent plutôt envisager d'améliorer leur compétitivité en joignant leurs pouvoirs d'achat et leurs systèmes de distribution.

Selon Ken Wong, de la Queen's School of Business, l'effacement des frontières entre les détaillants a un impact profond sur le paysage, impact qui va bien au-delà de la nouvelle concurrence américaine.

Par exemple, Meubles Léon et Brick vendent des électroménagers tels que des réfrigérateurs et des cuisinières, mais de plus en plus de détaillants le font également, y compris le détaillant en ligne Amazon qui envisage de faire de même.

«Ce n'est pas seulement une question des États-Unis contre le Canada, il s'agit de faire baisser les coûts», a-t-il dit.

«Quiconque a les coûts les plus bas l'emporte, pourvu qu'il sache quoi faire avec ces faibles coûts.»

Meubles Léon compte 76 magasins dans toutes les provinces sauf la Colombie-Britannique.

Brick, dont le siège social est à Edmonton, détient 230 magasins sous les bannières Brick, Brick Urbain, Magasins de matelas Brick et United Furniture Warehouse.

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