Supergrappes industrielles: l'heureux dilemme du ministre Bains

Les entreprises et les institutions d'enseignement postsecondaire ont... (PHOTO MARTIN TREMBLAY, Archives LA PRESSE)

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Les entreprises et les institutions d'enseignement postsecondaire ont répondu en grand nombre à l'appel du ministre Navdeep Bains les invitant à soumettre des projets audacieux visant à créer des « supergrappes industrielles » dans des secteurs d'avenir.

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(OTTAWA) Depuis quelques semaines, le ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, est confronté à un heureux dilemme. Les entreprises et les institutions d'enseignement postsecondaire ont répondu en grand nombre à son appel du printemps les invitant à soumettre des projets audacieux visant à créer des « supergrappes industrielles » dans des secteurs d'avenir.

La réponse a été telle qu'une cinquantaine de propositions, dont plusieurs en provenance du Québec, ont abouti à son ministère avant le 21 juillet, date limite imposée aux consortiums pour soumettre leurs projets. Si toutes les propositions étaient mises en oeuvre, elles entraîneraient des investissements totalisant 17 milliards de dollars du secteur privé pour stimuler l'innovation au pays.

Le hic, c'est que le gouvernement fédéral n'entend retenir que cinq de ces propositions. Il compte d'ailleurs y injecter lui-même 950 millions de dollars au cours des 5 prochaines années afin de s'assurer qu'elles voient le jour avec le secteur privé, qui devra investir le même montant. En tout, quelque 200 entreprises, de concert avec 20 universités ou collèges, ont répondu à l'appel du ministre.

Certains observateurs étaient sceptiques quand le ministre Bains a expliqué les grandes lignes de sa stratégie visant à faire du Canada une pépinière de projets axés sur l'innovation dans les secteurs tels que la fabrication de pointe, l'agroalimentaire, les technologies propres, les technologies numériques, la santé et les biosciences, les ressources propres, l'infrastructure et les transports. La réponse à son invitation confirme que ce pari en valait la chandelle, estime-t-on dans l'entourage du ministre Bains.

« Notre programme est devenu l'étincelle qui semblait manquer pour mettre en chantier des projets axés sur l'innovation et la création de bons emplois rémunérateurs et durables pour la classe moyenne. [...] La réponse que nous avons reçue dépasse largement nos attentes », a confié à La Presse un proche collaborateur du ministre Bains, qui a requis l'anonymat afin de pouvoir s'exprimer librement sur l'évolution de la stratégie fédérale en matière d'innovation.

« Cela démontre que l'idée d'un partenariat entre le secteur privé et le secteur public pour stimuler l'innovation est la bonne approche. Notre objectif demeure de créer des emplois à la fine pointe dans des secteurs d'avenir », a ajouté cette source.

RIVALISER AVEC SILICON VALLEY

Au Québec, des projets misant sur l'intelligence artificielle ont été soumis, selon nos informations. Le gouvernement Couillard multiplie déjà les investissements pour favoriser la création d'une grappe industrielle en intelligence artificielle à Montréal capable de rivaliser avec Silicon Valley. Le président et chef de la direction de Claridge, Pierre Boivin, qui est aussi coprésident du comité d'orientation pour la création de cette fameuse grappe à Montréal, a joué un rôle dans la présentation d'au moins un projet, indique-t-on. Il a été impossible, hier, de s'entretenir avec M. Boivin.

D'ici la fin de l'été, le ministère de l'Innovation entend sélectionner une douzaine de projets qui sont les plus prometteurs parmi ceux qu'ont soumis les consortiums. Ces derniers seront alors invités à donner d'autres détails et précisions. Enfin, Ottawa devrait annoncer les cinq projets qu'il entend financer au début de la nouvelle année.

Dans l'entourage du ministre Bains, on estime toutefois que certains projets qui n'auront pas été retenus par le gouvernement fédéral iront quand même de l'avant. « L'une des retombées positives de notre stratégie en matière d'innovation, c'est que cela a forcé les entreprises et les universités à se parler sur des projets innovateurs. Ils ont fait du gros travail pour mettre leurs idées sur papier. Nous sommes donc optimistes que certains vont aller de l'avant, même s'ils n'ont pas le financement fédéral. D'ailleurs, il existe d'autres programmes au ministère qui pourraient les aider », a-t-on indiqué.




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