La menace d'actions collectives plane sur Aéroplan

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Les investisseurs ont réagi avec vigueur hier. L'action d'Aimia a bondi de 20,1 % dans un fort volume de transactions pour clôturer à 1,91 $ à la Bourse de Toronto.

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Richard Dufour

La période de transition dans laquelle Aimia se trouve plongée depuis qu'Air Canada a fait connaître son intention de ne pas renouveler son contrat avec Aéroplan n'est pas terminée. Trois procédures d'action collective pourraient frapper durement l'entreprise montréalaise.

Dans des jugements rendus le mois dernier, la Cour supérieure du Québec a accueilli trois demandes d'autorisation d'action collective contre Aimia.

Les demandes constituaient la première étape procédurale avant qu'une action collective puisse être exercée, explique Aimia qui envisage d'interjeter appel des jugements et d'offrir une « défense vigoureuse ».

Une des procédures vise l'annulation des changements apportés à Aéroplan, le 16 octobre 2006, en ce qui concerne l'accumulation et l'expiration des milles Aéroplan, le remboursement des sommes dépensées par les membres d'Aéroplan pour obtenir la remise en vigueur de leurs milles expirés, des dommages-intérêts compensatoires de 50 $ et une somme non déterminée en dommages-intérêts punitifs pour le compte de chaque membre.

Une seconde demande vise à obtenir le remboursement du supplément pour carburant payé depuis le 12 décembre 2011 par des membres d'Aéroplan ayant utilisé des milles pour des déplacements aériens en Amérique du Nord avec Air Canada, Air Canada Rouge ou Air Canada Express, le remboursement des frais d'améliorations aéroportuaires payés par des membres ayant utilisé des milles pour des déplacements aériens au départ de certains aéroports du Canada, ainsi qu'une somme de 100 $ en dommages-intérêts punitifs pour chaque membre.

La troisième requête vise à obtenir le remboursement des droits de passager payés depuis le 9 juin 2012 par des membres d'Aéroplan ayant utilisé des milles pour des déplacements aériens avec Air Canada comportant des segments de vol au départ ou à destination de certains aéroports de l'Europe et du Japon, ainsi qu'une somme de 100 $ en dommages-intérêts punitifs pour chaque membre.

« Si les gestionnaires perdent ces causes, un ajustement important à la situation financière d'Aimia pourrait en résulter. »

- L'analyste Anthony Zicha, de la Scotia

200 EMPLOIS ÉLIMINÉS

Dans un effort visant à redonner confiance aux investisseurs, à réduire les coûts et à améliorer la souplesse financière dans le contexte incertain actuel, le grand patron d'Aimia a annoncé hier que 200 emplois seraient éliminés, l'équivalent de 10 % de l'effectif.

David Johnston a procédé à cette annonce au cours d'une conférence téléphonique organisée en marge de la présentation de la performance financière printanière. Il a également indiqué que le programme Aéroplan pourrait compter plusieurs transporteurs aériens après 2020 et qu'il n'est pas impossible que les membres puissent encore pouvoir acheter des sièges sur des vols d'Air Canada.

« Le fait que les dirigeants se concentrent spécifiquement sur le contrôle des coûts à l'heure actuelle est clairement positif », a commenté Brian Morrison, de la TD.

« Mais compte tenu de l'incertitude entourant l'avenir d'Aéroplan, il demeure très difficile d'évaluer raisonnablement les perspectives financières à moyen terme. »

Il ne fait aucun doute aux yeux de cet analyste que l'élément à surveiller est la capacité de mettre sur pied un programme attrayant au-delà de 2020 afin de maintenir l'engagement des membres envers Aéroplan.

« Si la direction n'y parvient pas dans cette industrie de plus en plus concurrentielle, il y a un risque de voir le comportement des membres changer au niveau de l'accumulation et de l'échange de points, ce qui pourrait exercer de la pression sur les flux de trésorerie disponibles et sur la position financière d'Aimia », a dit M. Morrison.

« Je ne m'attends pas à observer des changements significatifs de l'activité chez Aéroplan d'ici la fin de l'année », a dit de son côté Anthony Zicha. « On pourrait toutefois anticiper une ruée vers les guichets dès l'an prochain ou en 2019 puisque le membre typique utilise ses points une fois tous les deux ans. »

Cet expert croit par ailleurs que si Aimia n'arrive pas à trouver un nouveau partenaire stratégique au cours des 12 prochains mois, il faut s'attendre à ce que la facturation brute provenant des partenaires financiers (une mesure importante chez Aimia) diminue beaucoup.

Les investisseurs ont réagi avec vigueur hier. L'action d'Aimia a bondi de 20,1 % dans un fort volume de transactions pour clôturer à 1,91 $ à la Bourse de Toronto. Le titre demeure en recul d'environ 80 % par rapport à sa valeur du printemps.




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